Isack Hadjar dit que ses premiers mois comme équipier de Max Verstappen chez Red Bull lui ont appris deux choses à la fois: le quadruple champion du monde partage volontiers ses informations, mais s’approcher de son niveau ne laisse presque aucune marge à l’erreur.
Le Français de 21 ans, promu cet hiver dans le baquet laissé par Yuki Tsunoda, a signé un début jugé solide au sein de l’équipe de Milton Keynes. Dans le paddock, il est déjà présenté comme l’un des équipiers les plus convaincants de Verstappen, avec deux qualifications devant le Néerlandais et quatre autres séances bouclées à moins de 0,12 seconde.
Ce qui frappe le plus dans son récit, c’est pourtant la manière dont il décrit Verstappen au quotidien. Interrogé sur leur relation, Hadjar a expliqué que le champion ne se montre pas protecteur de ses secrets. « Il ne me demande clairement pas si j’ai besoin de conseils, mais si je lui demande quelque chose, il me répond. Si j’ai besoin d’informations, il est très ouvert, très serviable. Il ne cache rien, parce qu’il sait à quel point il est fort », a déclaré Isack Hadjar, pilote Red Bull, à la presse.
Cette franchise ne réduit pas pour autant la difficulté du défi. Hadjar a été particulièrement direct sur ce qui distingue Verstappen des autres références qu’il a connues. « S’il y a ne serait-ce qu’un virage où je suis plus rapide que lui, ce serait déjà quelque chose de spécial », a-t-il dit. Il a ajouté que, chez ses précédents équipiers, il avait toujours identifié un point faible sur un week-end, avant de résumer la différence avec Verstappen: « Max est différent. Il est incroyablement constant, et son niveau est très élevé. C’est vraiment impressionnant. »
Hadjar estime malgré tout avoir bien géré la partie la plus difficile de son adaptation. « Je crois que j’ai bien maîtrisé les choses difficiles, c’est-à-dire être proche de Max », a-t-il expliqué, tout en reconnaissant ses propres limites: « Dans les choses simples, en revanche, j’ai fait des erreurs. » Miami reste l’exemple le plus net de ce qu’il considère comme un week-end raté, avant un rebond à Monaco où il avait décroché ce qui devait être son premier podium avec Red Bull, finalement retiré plus tard par la FIA.
Le Français voit dans ces erreurs répétées son principal chantier. « Idéalement, on ne les répète pas. C’est l’objectif. Ce n’est pas toujours facile, mais ça ne m’inquiète pas trop. Je suis jeune, c’est ma deuxième année, donc je fais des erreurs maintenant », a-t-il dit. Hadjar a aussi relié cet apprentissage à une ambition plus lointaine: « Quand j’aurai une voiture avec laquelle je pourrai être champion du monde, je ne ferai plus ces erreurs. C’est l’idée. »
Pour l’instant, son repère reste clair. Hadjar concentre son attention sur sa propre progression, avec Verstappen comme étalon immédiat. « Je peux me comparer au meilleur du plateau. C’est là-dessus que je me concentre en ce moment », a-t-il dit, dans un contexte où son début de parcours chez Red Bull suggère déjà qu’il peut s’installer durablement plus près du champion que la plupart de ses prédécesseurs.
© Jake Archibald from London, England