Charles Leclerc a poussé Andrea Kimi Antonelli et Mercedes à modifier en course le déploiement d’énergie de la W12 pour verrouiller la victoire au Grand Prix de Belgique, remportée avec seulement 1,9 seconde d’avance après un duel tendu jusqu’au drapeau à damier.
Les échanges au retropodio ont levé le doute sur ce qui s’était joué dans les derniers tours à Spa-Francorchamps. Pour se protéger de la Ferrari, Antonelli a reconnu avoir dû adapter sa gestion électrique. Andrea Kimi Antonelli, pilote Mercedes et leader du championnat, l’a dit directement à Leclerc : « Quand tu étais derrière, j’ai dû changer mon déploiement. » Il a ensuite précisé : « Oui, j’étais au maximum dans le dernier virage. »
Cette bataille s’était construite après la deuxième Virtual Safety Car, déclenchée au 20e tour pour des débris. Leclerc en avait profité pour effectuer son arrêt dans une fenêtre idéale et ressortir devant Antonelli. La course s’est alors transformée en poursuite, jusqu’au dépassement décisif du pilote Mercedes sur la ligne de Kemmel au 34e des 44 tours.
Mais reprendre la tête n’a pas suffi à mettre Antonelli à l’abri. Leclerc est resté dans son sillage pendant plusieurs tours, au point de forcer Mercedes à revoir la manière dont la voiture délivrait son énergie pour l’empêcher de rester assez proche et d’utiliser son mode d’attaque. Le Monégasque a expliqué ce qu’il observait depuis sa Ferrari : « Ah oui, je l’ai vu, parce qu’avant le dernier virage tu arrivais à t’échapper un peu… » Puis il a ajouté : « …Et ensuite, dans le virage 18, tu relâchais les freins comme un fou pour me sortir de l’Overtake Mode. »
La conversation entre les trois premiers a aussi montré que ce type de gestion de puissance ne séduisait guère les pilotes. Leclerc l’a résumé ainsi : « Le déploiement était tellement différent, c’est si agaçant. » Le reproche portait moins sur l’idée de défendre que sur le caractère inhabituel et imprévisible du comportement de la voiture quand cette gestion est poussée à l’extrême.
Leclerc avait pourtant cru pouvoir enchaîner après sa victoire de Silverstone. Après l’arrivée, il a reconnu que la VSC était « arrivée au bon moment » pour Ferrari, tout en estimant avoir gardé un rythme suffisamment solide pour y croire jusqu’au bout. Il a aussi expliqué avoir traversé cinq ou six tours plus difficiles en pneus durs avant de retrouver de meilleures sensations avec l’avant de la voiture.
Au final, Antonelli a dû gagner deux fois à Spa : une première en revenant sur Leclerc après avoir perdu la tête sur la stratégie, une seconde en résistant à sa pression grâce à une gestion d’énergie modifiée tour après tour. Sa sixième victoire en 10 courses relance nettement sa dynamique et consolide sa position de leader du championnat.
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