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FIA: l’ADUO entre en jeu après le GP du Canada

Après le Grand Prix du Canada, la FIA procédera à la première évaluation officielle du dispositif ADUO sur les moteurs 2026, avec Honda déjà sous la référence de performance et Ferrari, Red Bull Powertrains-Ford ainsi qu’Audi encore à l’examen pour d’éventuels droits de développement supplémentaires.

L’ADUO, pour Additional Development and Upgrade Opportunities, a été conçu comme un filet de sécurité pour les motoristes qui démarrent la nouvelle ère réglementaire avec un retard mesurable. Le seuil d’activation est fixé à 2 % ou plus de déficit par rapport au meilleur moteur thermique dans l’ICE Performance Index, l’outil utilisé par la FIA pour suivre la performance du moteur à combustion interne au fil de la saison.

Ce premier point de contrôle devait initialement tomber après Miami, qui était la sixième manche du calendrier d’origine. Les annulations des Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite ont forcé la FIA à revoir son découpage. La première fenêtre couvre désormais l’Australie, la Chine, le Japon, Miami et le Canada, et les résultats doivent être communiqués au plus tard deux semaines après l’épreuve montréalaise.

L’enjeu, pour les constructeurs concernés, n’est pas un rattrapage instantané en piste mais davantage de liberté pour travailler. Si un motoriste se situe entre 2 et 4 % derrière la référence, il peut obtenir une homologation supplémentaire sur la saison en cours et une autre la saison suivante. À partir de 4 % de déficit, ce droit passe à deux évolutions supplémentaires sur la saison en cours et deux autres sur la suivante. Ces évolutions peuvent concerner le moteur thermique, l’échappement, le turbo, le wastegate, le MGU-K, l’ERS, les systèmes de refroidissement ou encore l’électronique de contrôle.

Nikolas Tombazis, directeur monoplaces de la FIA, a insisté sur le fait que ce mécanisme ne devait pas être interprété comme une égalisation artificielle des performances. « Une équipe ou un constructeur ne recevra pas soudainement un débit de carburant plus élevé ou plus ou moins de lest », a-t-il déclaré. Il a ajouté que l’ADUO « n’est pas une solution miracle » et qu’« un constructeur devra toujours produire le meilleur moteur pour gagner ».

C’est d’ailleurs sur le plan financier que la FIA présente l’ADUO comme le plus utile. Tombazis le décrit comme un mécanisme d’allègement du cost cap pour les motoristes éligibles. Le règlement prévoit jusqu’à 3,0 millions de dollars de marge supplémentaire pour un déficit compris entre 2 et 4 %, jusqu’à 4,65 millions entre 4 et 6 %, jusqu’à 6,35 millions entre 6 et 8 %, puis jusqu’à 8 millions entre 8 et 10 %. Au-delà de 10 % de retard, l’allègement peut atteindre 11 millions de dollars par période.

Pour 2026, le règlement va encore plus loin dans ce dernier cas, avec la possibilité d’anticiper jusqu’à 8 millions de dollars de budget de périodes futures, exclusivement pour soutenir le développement. La première décision prise après le Canada dira donc quels motoristes auront simplement plus d’air pour corriger leur retard, sans que la FIA ne leur offre pour autant un raccourci vers la victoire.