© Lukas Raich

Williams mise sur Bakou pour retenir Carlos Sainz

James Vowles affirme que Carlos Sainz reste engagé dans le projet Williams malgré un début de saison 2026 très décevant, alors que l’équipe n’apporte à Silverstone qu’une évolution limitée avant de jouer sa relance avec un package beaucoup plus important attendu à Bakou.

Le patron de Williams a expliqué à Crash.net que lui et Sainz restent alignés sur la direction à suivre, même si la frustration est partagée. « Il et moi ne nous parlons pas tous les jours, mais probablement tous les deux jours », a dit Vowles, avant d’ajouter que l’Espagnol a réaffirmé que c’est « là qu’il veut être » pour la suite de sa carrière. Cette confiance intervient pourtant dans un contexte lourd pour le pilote, limité jusque-là à trois neuvièmes places en 2026 et resté sans points lors des trois derniers rendez-vous.

Sur la piste, ni Williams ni ses pilotes ne vendent Silverstone comme un tournant immédiat. Sainz a décrit le nouvel aileron avant comme une aide pour « revenir dans le combat », tout en prévenant qu’il n’attendait « aucun miracle ». Il a même présenté Williams comme « clairement la neuvième équipe » sur les deux dernières courses, « un pas derrière Haas et deux ou trois pas derrière les VCARB » qui jouent les points. Alex Albon a tenu la même ligne, en reconnaissant que « sur le rythme pur, il faudra attendre Bakou ».

Ce décalage entre l’urgence sportive et le calendrier technique explique pourquoi tout le poids du redressement repose déjà sur l’Azerbaïdjan. Vowles a décrit ce futur package comme « une voiture B-spec », avec « un nouveau châssis » et d’autres éléments introduits en même temps. Il a aussi annoncé un travail de réduction de poids qu’il juge « assez significatif » en performance.

La pression autour de cette évolution est d’autant plus forte que Williams sort d’un recul brutal. En 2025, Sainz et Albon avaient cumulé 137 points pour offrir à l’équipe la cinquième place du championnat constructeurs. La campagne 2026, elle, a viré à la « profonde déception ». La mise à jour de Miami avait brièvement replacé l’équipe dans le top 10, avec un mieux confirmé ensuite, avant que cet élan ne s’efface et que Williams ne retombe vers l’arrière du peloton.

Sainz continue malgré tout à s’investir dans la reconstruction. Il a expliqué avoir passé la matinée de jeudi au simulateur avant de rejoindre le circuit, dans l’idée d’aider l’équipe à comprendre le nouvel aileron avant. Il a aussi insisté sur le travail mené avec Albon, les deux pilotes échangeant régulièrement pour orienter le développement dans la bonne direction.

Le soutien le plus net est venu de son père, Carlos Sainz Cenamor, présenté comme « le Carlos des rallyes et du Dakar ». À propos de la situation de son fils chez Williams, il a résumé l’attitude à tenir ainsi : « La philosophie de vie doit être de ne pas baisser les bras. Dans les moments difficiles, il faut avoir un plan clair et serrer les dents. » Il a ensuite défendu la saison de Carlos Jr., qu’il juge « fantastique parce qu’avec ce qu’il a, il ne peut pas faire plus ».

Le problème, au fond, dépasse un simple manque de performance sur quelques courses. Les articles décrivent une faiblesse structurelle, avec une organisation que Vowles a trouvée « obsolète », dotée de moyens « du siècle dernier » et de processus de décision et de fabrication presque analogiques. Le Britannique a reconnu lui-même que Williams est « légèrement en retard » sur sa feuille de route initiale dans certains domaines, tout en rappelant la difficulté de démonter « N années de structure » sans repartir de zéro. C’est ce chantier, autant que le package de Bakou, qui doit convaincre Sainz que la patience qu’on lui demande aujourd’hui peut encore déboucher sur un vrai redressement.