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Vasseur recadre Wolff sur le budget cap Ferrari

À Silverstone, Frédéric Vasseur a sèchement répondu à Toto Wolff après que le patron de Mercedes a laissé entendre, au lendemain du Grand Prix d’Autriche, que Ferrari ne pourrait pas continuer à apporter autant d’évolutions sans approcher rapidement la limite du budget cap.

La sortie de Wolff visait directement le rythme de développement de la SF-25. L’Autrichien avait expliqué être « un peu surpris que Ferrari puisse apporter d’aussi grosses évolutions sur la voiture de cette manière », avant d’ajouter : « À mon avis, ils doivent bientôt être à court d’argent sous le plafond budgétaire, parce que nous ne pouvons pas faire ça. » Il était allé plus loin en estimant qu’« en toute logique », Ferrari devrait finir par ne plus pouvoir amener de nouvelles pièces en fin de saison.

Frédéric Vasseur, directeur de la Scuderia Ferrari, a vu dans ces propos bien plus qu’une simple observation sur le développement. En conférence de presse officielle du Grand Prix de Grande-Bretagne, il a répliqué : « J’ai trouvé cela assez ironique venant de Toto et Mercedes. Quand Red Bull développe ou quand Mercedes développe, ce sont des génies. Quand nous développons, nous trichons. Je pense qu’il faut se calmer avec ça. Nous n’avons pas apporté plus de pièces que Red Bull ou une autre équipe. Je ne sais pas si c’était une blague. »

Le point de friction s’est cristallisé autour de l’idée même d’un sous-entendu sur la légalité du programme d’évolutions Ferrari. Interrogé sur le fait de savoir s’il considérait les remarques de Wolff comme une accusation indirecte de tricherie, Vasseur a répondu : « Si vous pensez que nous dépassons le plafond budgétaire, pour moi, cela va dans cette direction. »

Pour étayer sa défense, le Français s’est appuyé sur les chiffres des listes FIA d’évolutions. À Silverstone, Red Bull y figurait avec 31 pièces modifiées contre 29 pour Ferrari. Vasseur a aussi précisé que la Scuderia n’avait apporté ce week-end que des changements minimes aux écopes de refroidissement des freins arrière, loin de l’idée d’une déferlante hors norme.

La controverse a pris une dimension plus politique parce qu’elle touche à l’un des sujets les plus sensibles de la F1 moderne : le respect du plafond budgétaire. En suggérant que Ferrari devrait bientôt manquer de marge quand Mercedes ne peut pas suivre le même rythme, Wolff a ouvert un terrain sur lequel chaque mot est lu comme une mise en cause potentielle de la conformité réglementaire.

Après la réponse de Vasseur, Wolff a tenté de désamorcer l’incendie. Au micro de Sky après les qualifications à Silverstone, il a assuré n’avoir jamais accusé Ferrari de fraude. « Fred est très émotionnel », a-t-il dit, avant de soutenir que ses propos n’étaient « qu’une observation » sur le volume d’évolutions apportées par Ferrari. Le malentendu n’efface pas l’essentiel : à mesure que Mercedes et Ferrari se rapprochent sportivement, le débat technique sur les upgrades glisse de plus en plus vers un affrontement politique.