Pirelli estime avant le Grand Prix de Hongrie qu’une stratégie à un arrêt et une stratégie à deux arrêts se valent presque en temps total, un constat rare qui peut pousser la grille vers des choix divergents sur un Hungaroring où il reste très difficile de dépasser.
Dario Marrafuschi a résumé l’équation en expliquant que les simulations du manufacturier ne montrent « aucune différence sur le temps de course global entre un arrêt et deux arrêts pour le Grand Prix de Hongrie ». Il a ajouté que la dégradation, plus élevée qu’attendu, a « effectivement aligné les deux options stratégiques », au point de laisser les équipes arbitrer selon les trains neufs encore disponibles.
Le scénario de base reste un départ en Medium. Dans le cas d’un seul arrêt, la fenêtre pour passer en Hard se situe entre les tours 26 et 32. Pour une course à deux arrêts, le premier passage aux stands est attendu entre les tours 16 et 22, puis le second entre les tours 40 et 46, avec des derniers relais plutôt orientés vers le Hard.
Cette lecture théorique se heurte toutefois à la nature même du Hungaroring. Marrafuschi a rappelé que le trafic et la difficulté à dépasser restent des facteurs majeurs, au point d’encourager plusieurs équipes à privilégier un seul arrêt pour conserver leur position en piste. Il n’a pas non plus exclu le Soft, qui a montré selon lui « une bonne adhérence et une durabilité suffisante ».
L’état des stocks de pneus renforce encore cette ouverture stratégique. Max Verstappen, Lando Norris, Oscar Piastri, George Russell et Kimi Antonelli disposent tous de deux trains de Hard neufs et d’un train de Medium neuf, ce qui leur laisse une grande flexibilité entre les deux approches principales. Ferrari se retrouve dans une configuration différente: Charles Leclerc n’a plus qu’un train de Medium usé, tandis que Lewis Hamilton conserve un train de Soft neuf au prix d’un Medium neuf.
Cette divergence chez Ferrari pourrait compter autant qu’entre équipes rivales, car Pirelli n’exclut pas des plans opposés au sein d’un même garage. Marrafuschi a précisé que la situation restait « ouverte » et qu’il ne serait « pas surprenant de voir des stratégies différentes même entre pilotes de la même équipe ». Il faut aussi ajouter l’incertitude classique de la course, puisque les fenêtres prévues peuvent être bouleversées par une voiture de sécurité, une VSC ou un drapeau rouge.
© Spencer