L’abandon précoce de George Russell au Grand Prix de Belgique a offert aux équipes rivales une occasion rare de voir à découvert le fond plat de la Mercedes W17, lorsque la voiture a été levée par une grue à Spa-Francorchamps.
C’est l’une des zones que les écuries protègent le plus, car l’essentiel de l’appui aérodynamique est généré sous la voiture. Même si des photos ne montrent pas chaque détail, elles peuvent livrer assez d’indices pour orienter des simulations sur des concepts voisins. Dans le cas de la W17, cette exposition a surtout mis en lumière la manière dont Mercedes continue de travailler la zone diffuseur-plancher malgré un règlement 2026 qui rend le fond plat un peu moins décisif qu’auparavant.
La vue du dessous a révélé les principaux ingrédients du train arrière aérodynamique de la Mercedes. On y distingue le diffuseur, chargé d’élargir l’écoulement d’air pour créer une zone de basse pression génératrice d’appui, ainsi que la diffuser kick line, à partir de laquelle le plancher n’a plus besoin de rester complètement plat. Le plank en résine reste aussi visible, avec une limite réglementaire claire: une usure de plus de 1 mm en course expose à la disqualification. Les bords extérieurs du plancher, relevés par exigence de la FIA pour limiter l’appui, encadrent un ensemble où apparaissent aussi des strakes de diffuseur destinés à guider l’écoulement.
L’élément le plus révélateur est sans doute le « diffuser hole » utilisé cette année. Cette ouverture permet à l’air circulant sous la voiture de se détendre davantage à l’arrière et d’alimenter plus efficacement l’ensemble du diffuseur. Dans cette configuration, les éléments internes du diffuseur servent aussi à mieux contrôler le flux dans la partie terminale du soubassement.
L’image montre aussi de petits tabs sur le bord supérieur du diffuseur. Mercedes avait d’abord utilisé des versions plus grandes pour élargir la plage de fonctionnement du diffuseur, avant que la FIA n’impose leur réduction. En parallèle, les éléments externes du diffuseur, issus de l’évolution des anciennes ailettes en cascade montées sur les écopes de frein, prolongent encore la zone de travail de l’ensemble.
Le point clé reste la gestion de l’écoulement sur toute la longueur du plancher. Plus l’air conserve de l’énergie et de la vitesse sous la voiture, mieux il résiste aux pertes liées au frottement de surface et au risque de séparation. Mercedes a aussi travaillé la zone située juste devant les pneus arrière, où des fentes sont visibles. L’équipe y avait déjà apporté des modifications au Grand Prix du Canada pour mieux contenir le « tyre squirt », ce phénomène par lequel les pneus arrière en rotation et en déformation repoussent un air turbulent latéralement vers la zone du diffuseur.
C’est là que cette image de Spa prend tout son sens en termes de performance. Même avec une aérodynamique moins sensible qu’auparavant, un diffuseur efficace reste central pour stabiliser l’essieu arrière. Si cette stabilité manque, la remise des gaz devient plus délicate, la voiture glisse plus facilement et le pilote perd la confiance nécessaire pour exploiter pleinement la monoplace.
© Liauzh