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McLaren relance l’offensive contre les équipes B

Andrea Stella a publiquement appuyé la lettre de Zak Brown à Mohammed Ben Sulayem en affirmant au Grand Prix du Canada que le principe d’un championnat de Formule 1 entre constructeurs indépendants devait être « appliqué totalement », faisant passer la critique de McLaren sur la double propriété à une campagne assumée pour remettre en cause les structures déjà en place.

Stella, directeur de l’écurie McLaren, a expliqué que la démarche de Brown visait à transformer un accord de principe largement admis dans le paddock en mesures concrètes. « Ce que Zak a exprimé, en représentant l’opinion et la position de McLaren, s’inscrit dans un processus que nous voulions constructif et sain, mais aussi très clair », a-t-il déclaré. Pour McLaren, la question dépasse le débat théorique. « Nous croyons très fortement que ce principe doit être appliqué totalement », a ajouté Stella, afin que « l’équité dans le jeu et dans la compétition soit pleinement atteinte ».

Entre Miami et le Canada, Brown a écrit au président de la FIA pour demander l’interdiction des structures de copropriété, de contrôle commun ou d’influence entre équipes supposées concurrentes. Dans cette lettre, le patron de McLaren appelle à « éliminer toute nouvelle alliance, que ce soit par la propriété, une participation stratégique ou toute autre forme équivalente de contrôle ou d’influence », et demande aussi de « commencer le processus de démantèlement de celles déjà établies » pour protéger « l’intégrité future du sport ».

C’est ce point qui fait monter le dossier d’un cran, car il place directement sous pression le modèle Red Bull GmbH, propriétaire à la fois de Red Bull Racing et de Racing Bulls depuis 2005. Brown a aussi mis en avant les conséquences sportives potentielles de cette proximité, ainsi que la fluidité de certains transferts de personnel entre les deux structures. Il a notamment cité le passage rapide de Laurent Mekies de Racing Bulls à Red Bull après le départ de Christian Horner en juillet de l’année précédente, en soulignant qu’un tel mouvement s’accompagne habituellement d’une longue période de jardinage chez des équipes rivales.

Face à cette offensive, Mekies a répondu au Canada que Red Bull soutiendrait toute mesure supplémentaire destinée à garantir l’indépendance des équipes. Le patron de Red Bull a assuré que le principe ne faisait pas débat sur le fond. « Nous voulons tous 11 équipes qui courent de manière indépendante en piste », a-t-il dit. Il a ajouté que Red Bull était « complètement favorable à toute étape supplémentaire » permettant de garantir que, « indépendamment de notre partenariat stratégique ou de notre structure de propriété, nous courons de manière indépendante en piste », tout en estimant que c’est déjà « le cas aujourd’hui ».

Mekies a aussi élargi le sujet au-delà de la seule double propriété, en rappelant que les collaborations dans le paddock prennent plusieurs formes, de la fourniture de groupes propulseurs à celles des boîtes de vitesses et des suspensions. Sa ligne est claire : si la F1 juge nécessaire d’aller plus loin, Red Bull suivra, mais sans admettre que son organisation actuelle contrevient à l’esprit de la discipline.

Alan Permane, directeur de Racing Bulls, a défendu la même position en reconnaissant l’avantage d’appartenir à l’univers Red Bull, tout en décrivant la relation avec Red Bull Racing comme « très clairement une relation client-fournisseur ». Il a expliqué que Racing Bulls reçoit notamment certaines suspensions, des boîtes de vitesses et d’autres composants autorisés par le règlement technique, « que nous suivons de manière très rigoureuse ».

Permane a insisté sur le fait que cette proximité impose au contraire un travail supplémentaire pour rester dans les clous. Fort de son expérience dans une équipe totalement indépendante puis dans une structure liée à une autre, il a expliqué qu’« énormément de travail » est consacré à vérifier le respect des règles, au détriment d’autres domaines de performance. Sa conclusion est sans ambiguïté : « Je ne vois aucun problème dans la manière dont nous opérons actuellement. »

Le clivage est désormais net. McLaren ne se contente plus de demander un verrou sur de futures alliances entre équipes, mais pousse la FIA à traiter la question des structures existantes au nom d’un championnat entre constructeurs réellement indépendants, une ligne qui vise de fait le cœur du modèle Red Bull.