Carlos Sainz a affirmé après le Grand Prix de Grande-Bretagne que la nouvelle évolution apportée par Williams à Silverstone « n’a pas fonctionné », un constat qu’il juge à la fois préoccupant et frustrant parce que la FW48 ne traduit pas en piste les gains annoncés par les outils de développement de l’équipe.
Le résultat brut a presque masqué le problème. Reclassé 14e sur la grille après la pénalité de Pierre Gasly, Sainz a pris un très bon départ et s’est brièvement installé dans la lutte pour les points. Mais cette remontée n’a tenu qu’un temps. « J’ai pu dépasser deux ou trois voitures », a expliqué Carlos Sainz, pilote Williams, avant d’ajouter que l’équipe savait ensuite qu’elle devrait défendre une position qu’elle finirait par perdre face à des rivales plus rapides comme Alpine et Audi. Pour lui, la voiture est simplement revenue à son niveau réel du week-end, celui des places « 14 et 15 » en rythme.
C’est là que Silverstone dépasse le cadre d’une course compliquée. Sainz a directement relié le manque de performance à un problème de fond dans le développement de la FW48. Il a parlé d’un « pas en avant significatif » attendu qui n’est pas arrivé, puis d’une situation « préoccupante et frustrante » parce que les améliorations « ne fonctionnent pas ». Plus largement, il a dit voir désormais des « serious issues » dans la manière dont Williams développe sa voiture.
Son inquiétude vise surtout l’écart entre les chiffres internes et la réalité de la piste. Sainz a expliqué qu’une pièce présentée comme une « forte amélioration » en soufflerie et au simulateur n’a finalement apporté « même pas un très petit pas en avant » sur le circuit. Selon lui, cela signifie que « quelque chose ne fonctionne pas dans nos calculs, dans nos chiffres, dans notre développement ». Il a même reconnu ne pas savoir si Williams comprend mal « les dynamiques d’écoulement » sous ce règlement, mais le diagnostic reste le même: les outils indiquent un gain que la voiture ne restitue pas.
Le pilote espagnol a replacé cette alerte dans une tendance plus large. Williams a déjà retiré beaucoup de poids à la voiture depuis le début de saison, sans voir l’écart se réduire. Sainz a comparé Suzuka, où la monoplace en surpoids était à 1,6 seconde, à Silverstone, où elle s’est retrouvée à 2 secondes malgré un meilleur poids et un nouvel aileron avant. Il y voit la preuve que l’équipe ne trouve pas le temps au tour qu’elle attendait, pendant que ses concurrents du milieu de grille continuent d’avancer.
James Vowles, directeur de Williams, a confirmé publiquement ce diagnostic après le week-end sans point de l’écurie à domicile. Il a salué la copie rendue par son pilote, estimant que « Carlos a réalisé une prestation sans faute, mais la voiture manque tout simplement de vitesse ». Vowles a aussi reconnu que « nos concurrents progressent bien plus vite que nous » et que l’équipe doit analyser en profondeur si elle obtient réellement la performance attendue de ses évolutions.
Ce constat pèse déjà sur la suite du programme 2026. Alors qu’une FW48 largement revue, présentée comme une version B, est attendue à Bakou après la pause estivale, Sainz a dit ne voir aujourd’hui « rien » qui lui fasse croire que ce futur package apportera à lui seul le bond espéré. Pour lui, Williams doit d’abord comprendre pourquoi les évolutions actuelles ne marchent pas, faute de quoi le vrai risque n’est plus seulement un mauvais week-end à Silverstone, mais une impasse de développement sur le reste de la saison.
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