© Morio

Verstappen force la FIA à enquêter sur Red Bull

Après les deux accidents de Max Verstappen en Autriche puis à Silverstone, provoqués par deux défaillances différentes de l’aileron arrière rotatif de la RB22, la FIA a placé sous surveillance les concepts de Red Bull et de Ferrari et étudie d’éventuelles mesures de sécurité avant le Grand Prix de Belgique.

Red Bull a confirmé que les deux sorties du Néerlandais, d’abord en Q3 au Red Bull Ring puis à quelques tours de l’arrivée à Silverstone, venaient de deux défauts distincts de l’aileron arrière, avec un système resté au moins partiellement ouvert. Dans les deux cas, la voiture a perdu une part cruciale de son appui en virage, transformant un dispositif pensé pour gagner de la vitesse de pointe en risque immédiat pour le pilote.

Verstappen a lui-même insisté sur la gravité de la situation après l’arrivée du Grand Prix de Grande-Bretagne. Max Verstappen, pilote Red Bull, a déclaré après Silverstone : « Cela peut être vraiment dangereux, car j’aurais pu me blesser gravement, même deux fois. J’ai eu de la chance en Autriche et j’ai eu de la chance ici. Et à un moment, on en a vraiment assez. »

Le système en question est le concept d’aileron arrière dit « Macarena », apparu chez Ferrari lors des essais de Bahreïn avant d’être introduit en course à partir de Miami. Red Bull a lancé sa propre version le même week-end. Laurent Mekies a expliqué que l’équipe travaillait sur cette solution depuis fin 2025, mais avec une architecture différente de celle de Ferrari.

C’est justement cette différence qui se retrouve au centre de l’examen de la FIA. Selon les informations disponibles, la fédération a programmé des échanges avec les directeurs techniques de Red Bull et Ferrari et cherche à vérifier notamment si le système respecte le temps de fermeture réglementaire de 400 millisecondes. La question ne porte donc pas seulement sur le gain aérodynamique en ligne droite, mais sur la manière dont le mécanisme revient en configuration d’appui avant l’entrée en courbe.

La FIA dispose d’une marge d’action importante si elle juge un élément dangereux. L’article C1.2 du règlement technique permet aux commissaires d’interdire la participation d’une voiture dont la conception est considérée comme dangereuse, avec effet immédiat si nécessaire au cours d’une séance. Autrement dit, la fédération peut viser un dispositif précis sans attendre un accord politique plus large entre équipes.

À ce stade, le dossier ne met pas les deux solutions sur le même plan. Ferrari affirme n’avoir rencontré aucun problème de fiabilité avec son propre système et entend continuer à l’utiliser. Red Bull, en revanche, doit déterminer dans l’intervalle entre Silverstone et Spa quelles corrections sont nécessaires, et Mekies n’a pas exclu de retirer cette version de l’aileron.

Cette urgence prend encore plus de poids à l’approche de Spa-Francorchamps, l’un des circuits les plus rapides du calendrier. Après deux pertes d’appui brutales qui ont déjà envoyé Verstappen dans le décor en l’espace d’une semaine, Red Bull arrive en Belgique avec un problème technique devenu un sujet de sécurité majeur, sous le regard direct de la FIA.