Le 15 mai 2016 à Barcelone, Max Verstappen a remporté le Grand Prix d’Espagne dès sa première course pour Red Bull, à 18 ans et 228 jours, devenant le plus jeune vainqueur de l’histoire de la Formule 1 et validant instantanément le pari le plus brutal de l’équipe autrichienne.
Ce succès n’était pas seulement un record de précocité. Il tombait quelques jours après la décision de Red Bull d’écarter Daniil Kvyat au profit de Verstappen, seulement quatre manches après le début de la saison 2016, à la suite d’un début de campagne jugé calamiteux et de son accrochage avec Sebastian Vettel à Sotchi. L’échange des baquets avec Toro Rosso avait secoué tout le paddock. Une semaine plus tard, il avait déjà trouvé sa justification sportive.
La course a basculé dès le premier tour. Les Mercedes de Lewis Hamilton et Nico Rosberg, qui avaient remporté les quatre premières épreuves de la saison, se sont accrochées et ont abandonné, ouvrant une fenêtre rare pour les autres. Red Bull et Ferrari se sont alors retrouvées au centre de la lutte pour la victoire, et Verstappen a construit la sienne sur une stratégie à deux arrêts, pendant que Daniel Ricciardo partait sur trois.
Le Néerlandais a pris la tête au 38e tour et a ensuite traversé la phase la plus difficile de sa course face à Kimi Räikkönen. Pendant les 22 derniers tours, la Ferrari est restée collée à lui, souvent à moins d’une seconde, sans que Verstappen ne commette l’erreur attendue d’un pilote aussi jeune et aussi peu expérimenté dans une voiture capable de gagner. Après 66 tours, il s’est imposé en 1 h 14 min 40,017 s, pour signer à la fois sa première victoire en F1 et la première d’un pilote néerlandais.
Après l’arrivée, Max Verstappen, pilote Red Bull Racing, a résumé la surprise du moment: « C’est incroyable, je n’arrivais pas à croire que j’étais en tête. » Il a ajouté: « Je visais un podium, mais gagner tout de suite procure une sensation incroyable. » Puis, en revenant sur la tension des derniers tours, il a reconnu: « Dans les derniers tours, j’ai eu un peu de crampes, j’étais très excité, je n’arrivais pas à y croire. »
Christian Horner, alors directeur de Red Bull, a surtout retenu le calme du pilote au moment où la course pouvait lui échapper. « Le plus marquant dans sa performance, c’est son calme », a-t-il déclaré. « Nous étions tous tendus à cinq tours de la fin parce que les pneus étaient au bout de leur vie. » Horner a ajouté qu’il n’y avait chez Verstappen « ni agitation dans la voix, ni panique, ni tension », mais « un jeune homme totalement en contrôle de ce qu’il faisait ».
Dix ans plus tard, Barcelone 2016 apparaît comme bien plus qu’un exploit isolé. Cette victoire a immédiatement légitimé la décision de Red Bull et marqué le point de départ d’une trajectoire qui compte désormais quatre titres mondiaux et 71 victoires en Grand Prix, dans une saison 2016 où Mercedes n’a laissé échapper que deux courses.
© Jake Archibald from London, England