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Montoya défend la F1 2026 et tacle l’ère V8

Juan Pablo Montoya a pris le contre-pied de la nostalgie autour des moteurs V8 en défendant la réglementation F1 2026, qu’il juge plus propice aux vraies bagarres que l’ancienne Formule 1 de son époque.

Après le week-end du Grand Prix de Miami, le Colombien a expliqué dans le podcast BBC Chequered Flag qu’il appréciait la logique des dépassements liée au déploiement d’énergie, malgré les critiques sur une lecture parfois moins immédiate des attaques. Selon lui, ce système laisse encore une possibilité de riposte au pilote qui se défend. « Si tu vois que le gars va te passer, tu peux te mettre en mode recharge plus tôt, puis tu as un peu plus d’énergie supplémentaire pour la ligne droite suivante et tu peux te battre », a-t-il expliqué, avant de trancher: « Je pense que c’est vraiment bien. »

Montoya a surtout opposé cette approche au DRS, qu’il n’a jamais accepté. Il a qualifié ce dispositif de « BS » et a estimé qu’il rendait les dépassements trop artificiels. Avec un rival à moins d’une seconde, le pilote devant devenait selon lui « un canard assis », condamné à se faire dépasser en bout de ligne droite. « Et là les gens disent: “Quel dépassement !” Moi je réponds: “De quoi tu parles ? Il n’a rien fait, il était juste là.” »

Cette critique s’étend à l’image idéalisée de la F1 du début des années 2000 et de l’ère V8. Montoya a rejeté frontalement l’idée selon laquelle cette période offrait un meilleur spectacle. « Les gens disent: “Oh, ton époque était géniale.” Moi je leur dis: “Regarde une course, c’est tellement ennuyeux.” Même pour nous. Parfois, c’était comme une courte séance d’essais. » Dans un entretien accordé à RacingNews365, il a poussé le constat plus loin: « Tout le monde dit que c’étaient les meilleures voitures de course, mais les courses étaient terribles. »

Son argument est que la F1 actuelle propose un niveau de compétition plus fort que celui dont ses contemporains bénéficiaient. Il a reconnu qu’après Miami, du point de vue des pilotes, « plus de travail est nécessaire pour rendre les qualifications et la course plus digestes », mais il a aussi jugé que le spectacle s’était amélioré. « La course aujourd’hui est divertissante », a-t-il dit à RacingNews365. Il a insisté sur un point qu’il considère rare en Formule 1: « Nous sommes dans une période vraiment spéciale parce qu’il y a quatre équipes capables de gagner des courses. »

Cette prise de position intervient au moment où la FIA et la F1 ont déjà retouché le cadre 2026 après des discussions approfondies avec la discipline, les motoristes et les pilotes, certaines mesures visant le spectacle, d’autres la sécurité. En parallèle, le président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem, a affirmé que le retour des V8 était « en route », avec un horizon fixé à 2030 ou au plus tard 2031. Montoya, lui, défend une autre lecture: la priorité n’est pas de revenir à une époque idéalisée, mais de préserver une F1 où les dépassements se jouent encore dans le duel plutôt que dans un artifice, au moment où la discipline redéfinit déjà son avenir technique.