McLaren et Red Bull ont fait appel de la décision des commissaires du Grand Prix de Monaco d’annuler la double pénalité de cinq secondes infligée à Pierre Gasly et de le rétablir de la septième à la troisième place, dans un dossier qui doit désormais être examiné par la Cour d’appel internationale de la FIA lors d’une audience attendue en juillet.
Au départ, plusieurs pilotes avaient été sanctionnés à Monaco pour excès de vitesse dans la voie des stands. Il est ensuite apparu que ces infractions étaient de faux signalements, causés par une erreur de boucle de chronométrage à l’entrée si particulière des stands monégasques. Gasly avait reçu sa double pénalité après l’arrivée, ce qui l’avait fait chuter du troisième au septième rang, alors que d’autres pilotes, dont Oscar Piastri, George Russell, Lewis Hamilton et Franco Colapinto, avaient déjà purgé en course des pénalités finalement reconnues comme erronées.
Alpine a alors demandé un droit de révision pendant le week-end du Grand Prix d’Espagne et a obtenu l’annulation des deux pénalités de Gasly. Cette révision a rendu à Gasly son podium à la troisième place, au détriment d’Isack Hadjar, repoussé au quatrième rang, et a aussi relancé la question de l’équité sportive pour les équipes dont les pilotes avaient déjà payé en piste pour une erreur de mesure.
McLaren a officialisé son recours contre les documents 99, 100 et 101 de Monaco, c’est-à-dire la décision rétablissant le podium de Gasly, le classement révisé de la course et les classements du championnat mis à jour. L’équipe a expliqué que l’affaire touchait à la « justice sportive, la cohérence réglementaire et l’intégrité de la compétition ». McLaren a ajouté que « la suppression ultérieure des pénalités crée une situation dans laquelle certains concurrents sont désavantagés pour avoir agi conformément aux règles et aux décisions des commissaires » et que ce résultat « risque de créer une iniquité sportive et de saper la confiance dans l’application cohérente du Règlement Sportif de la FIA ».
Red Bull a également contesté le résultat amendé, avec la même inquiétude de voir cette décision dépasser largement le seul classement de Monaco. Dans le paddock, la crainte est qu’un tel précédent ouvre la voie à des contestations après course pour des pénalités non purgées en piste, alors que d’autres concurrents n’ont aucun moyen de récupérer le temps ou les positions perdus pendant l’épreuve.
L’affaire sort ainsi du cadre des commissaires de l’épreuve pour entrer dans celui de la Cour d’appel internationale, le tribunal d’appel indépendant le plus élevé de la FIA, qui peut confirmer, modifier ou annuler le résultat amendé de Monaco.
La procédure a suivi les étapes réglementaires, avec une intention d’appel déposée dans l’heure suivant la décision initiale, puis une confirmation dans les 96 heures. McLaren et Red Bull ont ensuite poursuivi la démarche après paiement de frais d’appel de 5 000 euros et d’une caution de 20 000 euros. Une audience est attendue en juillet, et sa décision pourrait peser bien au-delà du podium de Gasly en fixant la manière dont la F1 traitera à l’avenir les pénalités erronées servies, ou non, pendant la course.
© Jonathan Borba