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Spa met Ferrari, Mercedes et Red Bull à l'épreuve

Spa-Francorchamps ouvre un week-end charnière pour Ferrari, Mercedes et Red Bull, avec le Grand Prix de Belgique présenté comme l’un des tests les plus sévères de la saison 2026 sur la gestion de l’énergie, l’efficacité aérodynamique et la hiérarchie réelle avant la trêve estivale.

Dixième manche du championnat et avant-dernier rendez-vous avant la longue pause d’été, Spa combine tout ce que les équipes redoutent sur les nouvelles F1. Le circuit récompense la puissance du groupe propulseur, mais il met aussi sous pression la recharge de la batterie dans ses sections rapides et techniques. Dans ce contexte, la performance brute ne suffira pas. Il faudra aussi une voiture bien née en châssis et en aérodynamique pour tenir sur l’ensemble du tour.

C’est ce qui donne à Ferrari un enjeu immédiat. La Scuderia sort de trois week-ends incohérents, avec deux victoires mais aussi une prestation jugée très mauvaise. Gagnante et convaincante à Barcelone, très lente à Spielberg malgré un nouveau moteur développé avec l’ADUO, elle a ensuite réussi à jouer la tête et à s’imposer à Silverstone avec un peu de réussite. Spa, autre piste théoriquement défavorable au moteur de Maranello, doit donc dire si ce rebond est réel ou seulement circonstanciel.

La question se pose aussi à l’intérieur du garage Ferrari. Charles Leclerc avait mal lancé son week-end de Silverstone face aux performances de Lewis Hamilton, avant de relancer sa SF-26 en inversant les réglages grâce à une modification qu’il a lui-même qualifiée de « philosophique ». Leclerc s’est ensuite montré parfait en course le dimanche, mais la tendance depuis le Canada reste à l’avantage de Hamilton, présenté comme le pilote Ferrari le plus performant sur cette période. Une confirmation en Belgique est donc essentielle pour valider le retour de sensations du Monégasque.

Chez Mercedes, l’enjeu est presque inverse. Kimi Antonelli est décrit comme supérieur à George Russell en rythme sur les dernières courses, sans avoir transformé cet avantage en points. Des problèmes mécaniques à Barcelone et Silverstone, puis le final controversé de la Q3 à Spielberg, ont complètement inversé le bilan comptable. Russell a marqué 61 points sur les trois derniers Grands Prix, contre 15 pour Antonelli, dont l’avance au championnat n’est plus que de 25 points.

Spa peut donc peser lourd dans leur duel interne. Si Antonelli y remet l’avantage sportif au tableau d’affichage, Mercedes reprendra de l’élan avec son pilote le plus rapide du moment. Si Russell poursuit sur sa lancée, l’écart au championnat pourrait encore fondre malgré une dynamique de performance moins favorable.

Le front le plus sensible du week-end concerne peut-être Red Bull. Les monoplaces 2026 sont décrites comme particulièrement gourmandes en énergie électrique, au point que la FIA a prévu cinq zones de « Straightline Mode » à Spa pour permettre l’ouverture des ailes mobiles sur les longues lignes droites. Ce choix souligne à quel point l’épreuve belge est jugée délicate sur le plan de la gestion énergétique.

Dans le même temps, Spa doit servir de test majeur pour l’aileron arrière « Macarena » de Red Bull. Ses dysfonctionnements auraient déjà provoqué deux incidents impliquant Max Verstappen en quelques jours. Sur un circuit où la réduction de traînée et l’exploitation de l’énergie sont aussi critiques, l’évaluation de ce dispositif peut devenir l’un des tournants techniques du week-end et, au-delà, de la période qui mène à la trêve.