Stefano Domenicali a confirmé que Hockenheim a repris contact avec la Formule 1 et que de premiers échanges ont eu lieu autour d’un possible retour du Grand Prix d’Allemagne, mais il a aussitôt fixé la condition centrale du dossier : la modernisation en cours du circuit ne suffira pas, et des investissements supplémentaires seront nécessaires pour répondre aux standards actuels de la discipline.
Le patron de la F1 a expliqué que la démarche venait du circuit allemand. « Dans ce cadre, Hockenheim nous a contactés. De premières discussions ont eu lieu à leur initiative », a-t-il indiqué, en ajoutant que le site développe actuellement son parc lié aux sports mécaniques et modernise ses installations. Mais il a prévenu qu’un retour en F1 demanderait davantage. « S’ils veulent parler d’un éventuel retour de la Formule 1, des investissements en plus seront nécessaires. Notre plateforme exige un certain niveau ces dernières années. »
Ce point est décisif pour un pays absent du calendrier depuis 2019, date du dernier Grand Prix d’Allemagne disputé à Hockenheim. Le Nürburgring n’avait accueilli qu’une manche de remplacement en 2020. Depuis, l’absence allemande a surtout été liée à l’équation économique : la hausse continue des droits d’accueil, l’absence de subventions publiques et le refus d’assumer le risque de pertes ont empêché tout accord concret.
Hockenheim tente désormais de revenir dans la course avec un vaste programme de développement. Passé sous le contrôle de nouveaux investisseurs en 2024, le site doit bénéficier d’un investissement d’environ 250 millions d’euros. Le projet comprend l’extension du Porsche Experience Centre, la construction d’un hôtel et d’un complexe Motorworld, alors que les infrastructures du circuit, ouvert en 1932, étaient considérées comme vieillissantes.
Pour l’instant, ces discussions n’ont toutefois débouché sur aucune avancée formelle. Jorn Teske, directeur général du circuit de Hockenheim, a confirmé à auto motor und sport que les échanges se poursuivent. « Nous sommes en contact régulier avec la Formule 1 », a-t-il déclaré. Teske a précisé que le circuit veut d’abord mesurer « le cadre dans lequel cela pourrait se faire, ainsi que les opportunités et les risques », avant d’ajouter qu’« il y a un intérêt, mais, à ce stade, nous n’avons aucun résultat à annoncer ». Il a aussi rappelé la ligne rouge du projet : toute candidature devra rester économiquement viable.
Ce regain d’activité autour de Hockenheim s’inscrit dans une évolution plus large de la stratégie de la F1. Domenicali a assuré que l’Europe reprend du poids dans la croissance du championnat. « L’Europe continue elle aussi à progresser en termes d’audiences. C’est de nouveau un marché important. Les chiffres sont bons », a-t-il dit. Dans ce contexte, l’Allemagne est revenue sur le radar, même si obtenir une place au calendrier ne dépendra pas seulement de la volonté des deux parties.
C’est aussi ce qui donne au dossier une portée plus large qu’un simple retour ponctuel. Domenicali a laissé entendre que la F1 ne regarderait pas Hockenheim comme une solution de court terme, mais comme un projet à construire dans la durée. Encore faut-il que le circuit allemand transforme ses premiers contacts en modèle capable de soutenir à long terme le coût d’un Grand Prix moderne.
© Jonathan Borba