© Eustace Bagge

Hamilton vise les logiciels et la fiabilité en F1 2026

Lewis Hamilton estime que la saison 2026 de Formule 1 se joue de plus en plus sur les logiciels et la fiabilité, au point de voir Mercedes exposée à de possibles pénalités futures sur la gestion de ses batteries pendant que la constance de Ferrari prend de la valeur dans la lutte au championnat.

Le pilote Ferrari a formulé sa critique la plus directe lors du week-end du Grand Prix de Miami, sur le podcast StarTalk de Neil deGrasse Tyson. Hamilton y a dénoncé une dépendance croissante aux systèmes de gestion de l'énergie, avec un effet qu'il juge contraire à la logique de pilotage. « Like yesterday, I was losing three-tenths of a second just because the software wasn't doing its job », a expliqué Lewis Hamilton, pilote Ferrari et septuple champion du monde de F1, avant d'ajouter que ses ingénieurs lui avaient dit au retour au stand : « You're not slow, the software wasn't working. »

Selon lui, le problème vient de l'équilibre imposé entre recharge et déploiement d'une batterie plus contrainte depuis la disparition du MGU-H. Hamilton explique qu'un pilote peut désormais être pénalisé pour avoir trop attaqué dans un virage rapide, parce qu'il ne recharge pas assez ensuite. En clair, aller plus vite et prendre plus de risques ne se traduit pas forcément par un gain de temps si le système énergétique vous le fait payer sur la suite du tour.

Cette critique du fonctionnement des monoplaces rejoint, pour Hamilton, un autre facteur décisif de 2026 : la fiabilité. Il s'est dit « Massively impressed » par la régularité de Ferrari après les neuf premières manches, en soulignant les progrès de l'équipe dans ses processus et son exécution. Jusqu'ici cette saison, il est aussi le seul pilote à avoir bouclé toutes les courses et tous les tours.

En face, Hamilton voit un risque grandir chez Mercedes, particulièrement après les défaillances liées à la batterie de George Russell au Canada alors qu'il menait, puis d'Andrea Kimi Antonelli à Barcelone alors qu'il roulait en deuxième position. « I don't know what the situation with on the battery side of this for George and for Kimi, but at some point there must be a penalty, I would imagine, in the sense that we only have two battery cells or something like that », a-t-il dit.

Hamilton ne présente pas ces pénalités comme acquises à court terme, et l'état actuel des allocations ne confirme pas encore son pronostic : Mercedes et Ferrari ont jusqu'ici utilisé le même nombre de moteurs thermiques, de turbocompresseurs, de réserves d'énergie et d'électroniques de contrôle. Mais son point est ailleurs : si les problèmes de batterie se répètent, la fiabilité peut transformer la bataille de performance en bataille de gestion des composants.

C'est ce qui donne à son analyse un poids direct dans le championnat. Hamilton occupe la troisième place après neuf manches et a réduit son retard à 32 points sur Antonelli après sa troisième place au Grand Prix de Grande-Bretagne. Dans cette course au titre, il estime que la constance de Ferrari « ultimately is going to make the difference this year », dans une saison où la vitesse pure ne suffit plus si le logiciel ou la batterie décident autrement.