© Jonathan Borba

Haas expose le vrai plafond de sa VF-26 en Autriche

TGR Haas a quitté le Grand Prix d’Autriche 2026 sans le moindre point, avec Ollie Bearman 14e et Esteban Ocon 16e, un résultat qui a surtout confirmé que le problème de la VF-26 tient désormais à sa vitesse de fond plus qu’à l’exécution du week-end.

C’est ce qui ressort du discours tenu par l’équipe dès le samedi, puis renforcé après la course. Qualifié 13e en 1:07.523, Bearman avait déjà le sentiment d’avoir presque tout extrait de sa voiture, sans que cela suffise à se rapprocher de la Q3. Le pilote Haas Ollie Bearman a résumé ce plafond très clairement : « Lors des cinq dernières courses, c’est le meilleur feeling que j’ai eu avec la voiture, pourtant notre compétitivité est toujours la même. Aujourd’hui, on a montré que malgré tout ça, nous n’étions nulle part. » Ocon s’était lui qualifié 15e en 1:07.817.

Ayao Komatsu, le patron de TGR Haas F1 Team, a tenu la même ligne tout au long du week-end. Après les qualifications, il estimait que l’équipe avait tiré tout ce qu’elle pouvait de la voiture, tout en reconnaissant que les places de 13e et 15e n’étaient pas au niveau visé. Après la course, son constat n’avait pas changé : l’arrivée de Bearman et Ocon reflétait à peu près la vraie valeur de la VF-26 sur ce week-end. Pour Haas, le signal le plus inquiétant n’est donc pas d’avoir mal exécuté, mais d’avoir bien exécuté sans pouvoir viser davantage.

La course a rendu ce constat encore plus net. Parti 13e en pneus mediums, Bearman a raté son envol et perdu plusieurs places, avant d’allonger son premier relais puis de profiter d’une voiture de sécurité virtuelle pour s’arrêter au 24e tour et chausser les durs. Un second arrêt au 46e tour pour remettre des mediums ne l’a pas ramené dans la lutte pour les points, et il a terminé 14e.

Bearman a décrit une voiture en difficulté bien au-delà du seul départ manqué. « Ce fut une journée difficile et nous avons manqué de rythme. Nous avons pris un très mauvais départ et perdu beaucoup de position en piste », a-t-il dit. Il a ajouté qu’ensuite il était resté bloqué, malgré le bénéfice du VSC, et que Haas était « vraiment très loin » de l’Audi, de Racing Bulls et d’Alpine. Selon lui, l’équilibre de la voiture était aussi « complètement mauvais » en course.

Du côté d’Ocon, le scénario a été différent au départ, mais le verdict final a été similaire. Parti 15e lui aussi en mediums, le Français a gagné plusieurs places dans les premiers mètres, au point d’approcher la zone des points au premier tour. Ses arrêts aux 18e et 34e tours n’ont toutefois pas empêché une chute progressive dans la hiérarchie, jusqu’à la 16e place à l’arrivée.

Le pilote Haas Esteban Ocon a relié cette dégradation à un problème plus profond que l’équipe n’a pas encore résolu. Dès après les qualifications, il révélait que Haas avait changé « beaucoup de pièces sur la voiture pendant la nuit » pour l’amener en Q2. Après la course, il a expliqué : « Nous devons d’abord retrouver une voiture saine. Il nous manque beaucoup d’appui et le problème, c’est que je fais glisser les pneus. » Il a précisé qu’il pouvait tenir sur les premiers tours, avant de commencer à se faire dépasser.

Komatsu a malgré tout salué le travail de piste, comme il l’avait déjà fait la veille, en soulignant le soutien de Banbury et Maranello et la capacité de l’équipe à exploiter au mieux ce qu’elle avait. Mais le patron japonais a aussi posé le vrai chantier : Haas doit « améliorer la vitesse de base de la voiture » et « relever le niveau de base », parce que ses rivaux ont, eux, progressé davantage.

Au championnat constructeurs, Haas repart d’Autriche à la 7e place avec 21 points, mais surtout avec un diagnostic désormais difficile à contourner : même lors d’un week-end propre et bien exécuté, la VF-26 n’a ni le rythme du Q3 le samedi, ni celui du milieu de grille le dimanche.