© Jonathan Borba

Gasly crashé, Alpine sous pression à Spa

Pierre Gasly a provoqué le deuxième drapeau rouge de l’EL2 du Grand Prix de Belgique après un violent crash à la sortie des Fagnes, laissant Alpine avec une A526 lourdement endommagée à reconstruire pendant la nuit alors que l’équipe montrait enfin des signes de rythme à Spa.

L’accident est survenu à 14 minutes de la fin de la séance. En tour rapide, le Français a perdu l’arrière de sa voiture à la sortie de la chicane, a touché l’extrémité d’une barrière, est parti en tête-à-queue puis a de nouveau frappé le mur, ce qui a détruit l’arrière de l’Alpine. Gasly a d’abord tenté de repartir, mais les dégâts l’ont finalement contraint à s’arrêter en piste. L’interruption a duré 12 minutes et, lorsque l’EL2 a repris, il ne restait qu’environ deux minutes de roulage, essentiellement pour des départs d’essai.

Pierre Gasly, pilote Alpine, a expliqué qu’il avait subi « un énorme coup de survirage » à la sortie du virage 13. « Je perds la voiture, j’essaie de la contrôler, elle ne revient pas », a-t-il dit. « Et au moment où elle revient c’est déjà trop tard. » Il a aussi précisé que le mur « revient un peu » à cet endroit et qu’il n’avait pas le temps de remettre la voiture en piste.

Steve Nielsen, directeur général d’Alpine, a livré une lecture plus sobre de l’incident. « Je pense qu’il a eu un petit décrochage. Je crois que c’était au virage 14, ce qui l’a malheureusement envoyé sur le vibreur, puis contre la barrière », a-t-il expliqué. Pour Nielsen, c’est « une petite erreur » qui serait restée sans conséquence sur beaucoup d’autres circuits, mais que Spa punit immédiatement dans certains secteurs. Son constat après la séance était plus direct encore : « Pierre is fine, the car is not fine. »

C’est ce qui rend l’accident particulièrement coûteux pour Alpine. L’équipe restait sur trois Grands Prix sans la moindre apparition en Q3, mais son vendredi belge avait jusque-là offert un signal plus encourageant. Franco Colapinto a signé le 7e temps de l’EL2, 0,147 s devant l’autre meilleure voiture du milieu de grille, la Racing Bulls d’Arvid Lindblad. « On a trouvé un peu de performance ce week-end », a dit l’Argentin, qui a aussi jugé positif d’être devant Racing Bulls, « depuis longtemps ».

Gasly n’avait pas connu une séance aussi anonyme que son classement final ne le suggère. Nielsen a révélé que son meilleur chrono avait été supprimé pour non-respect des limites de piste au virage 4, alors que le Français était lui aussi en progression. Le travail du vendredi avait d’ailleurs surtout servi à comparer différentes pièces et différents réglages sur les deux voitures avant de pousser davantage en EL2.

Le choc a donc transformé une journée de validation technique en course contre la montre pour les mécaniciens. Nielsen a indiqué qu’une longue liste d’interventions attendait l’équipe pendant la nuit, tout en précisant qu’un changement de groupe propulseur était déjà prévu. Alpine se veut toutefois confiante sur sa capacité à remettre la voiture en état pour samedi. « La voiture semble avoir retrouvé un peu de rythme », a souligné Nielsen, à condition de ne « rien faire pendant la nuit qui nous l’enlève », tandis que Gasly garde pour objectif une place dans le top 10 en qualifications.