Carlos Sainz a résumé son vendredi du Grand Prix de Belgique comme une journée "très étrange" et compliquée, marquée à la fois par une passe d’armes avec Kimi Antonelli, une réprimande de la FIA et un manque de performance persistant chez Williams à Spa-Francorchamps.
Le point chaud de la première séance d’essais libres est venu d’un échange en piste avec Antonelli. Le pilote Mercedes est tombé sur Sainz à vitesse réduite pendant un tour rapide, a dû freiner fortement pour éviter le contact, puis l’a dépassé avant de lâcher un "idiota" à la radio. Sainz a contesté l’idée d’avoir gêné son rival et n’a pas apprécié la sortie radio. "Je crois qu’il a senti que je l’avais gêné, mais moi je ne le crois pas", a déclaré Carlos Sainz, pilote Williams, à AS. "Peut-être qu’il a estimé que j’aurais pu mieux m’écarter, mais je ne crois pas non plus qu’il doive me traiter d’idiot à la radio. Je crois qu’il est interdit d’insulter un autre rival, donc il devrait se calmer un peu."
Les commissaires n’ont pas sanctionné Sainz pour cet épisode, mais son vendredi ne s’est pas arrêté là. Toujours en EL1, l’Espagnol a reçu une réprimande après avoir amorcé son entrée dans la voie des stands avant de revenir sur la piste en franchissant la ligne blanche. Sainz a reconnu sa part de responsabilité, tout en expliquant que la consigne était arrivée trop tard depuis le muret. Selon lui, l’équipe lui avait demandé de rester en piste pour effectuer un tour supplémentaire afin de recharger la batterie en vue du relais en pneus tendres.
Le directeur de Williams, James Vowles, a confirmé sur Sky Sports F1 qu’il s’agissait d’un problème de communication interne. Il a expliqué que la batterie était "presque vide", même "à zéro", et que le message de l’ingénieur était arrivé avec "un petit retard d’environ 1,5 seconde". "Nous aurions dû rester dans l’entrée des stands et traverser", a-t-il dit.
Sur le plan purement sportif, Sainz a surtout insisté sur le fait que cette succession d’incidents masquait une autre difficulté, plus préoccupante pour Williams. Un problème sur sa voiture et une mauvaise configuration en EL1 l’ont laissé 20e, avant une remontée limitée au 16e rang en EL2. L’amélioration était réelle, mais pas suffisante.
Interrogé par F1 TV, Sainz a expliqué que l’équipe avait essayé plusieurs pistes sans trouver le gain espéré. "À partir de là, nous avons beaucoup amélioré la voiture pour les EL2, mais je ne me sentais pas totalement à l’aise. Je me suis rapproché de la limite, mais nous n’étions toujours pas là où nous voulions être. Nous faisons tout notre possible, nous essayons des choses sur les ailerons avant, le fond plat, la mécanique... mais nous n’avons pas trouvé grand-chose."
C’est ce déficit de performance, plus encore que l’échange avec Antonelli ou la réprimande, qui laisse Williams sous pression avant la suite du week-end à Spa.
© Jonathan Borba