Après sept courses de la saison, la Formule 1 n’a distribué qu’un seul point de pénalité, infligé à Franco Colapinto, un basculement net après un système qui pouvait encore mener à une suspension de course l’an dernier.
Ce changement suit la révision des directives de la FIA avant la saison. Si les pénalités sportives ont peu évolué, la partie consacrée aux points de pénalité a été largement assouplie pour laisser davantage de marge aux commissaires. Pour une collision, ils peuvent désormais attribuer de zéro à trois points selon la gravité de l’incident, alors que l’ancienne ligne directrice prévoyait généralement trois points fixes pour un pilote jugé responsable.
La Chine a offert un premier exemple concret de cette nouvelle approche. Esteban Ocon y a reçu 10 secondes de pénalité pour son accrochage avec Colapinto, mais aucun point n’a été ajouté à sa superlicence. Les nouvelles directives précisent d’ailleurs que les points pour une collision doivent être ajustés en fonction de la gravité de l’incident causé.
Le même durcissement sélectif apparaît ailleurs dans le barème. Forcer un autre pilote hors de la piste n’entraîne plus automatiquement de points de pénalité, sauf si la manœuvre est jugée « reckless ». Les drapeaux bleus ignorés ne donnent plus, en principe, lieu à des points. En revanche, une collision avec « apparent deliberate or reckless intent » reste sanctionnée de quatre points.
Carlos Sainz, directeur du GPDA chez Williams, a expliqué à Motorsport.com que les pilotes voulaient réserver ce système aux comportements réellement dangereux. « Un pilote devrait recevoir une suspension s’il est continuellement dangereux pour ses concurrents, pour les commissaires de piste, ou s’il se comporte mal envers la FIA et les commissaires », a-t-il dit. « Nous ne pensons pas que des points de pénalité doivent être attribués quand personne n’est mis en danger, qu’aucun concurrent n’est exposé à un risque et qu’il n’y a pas de mauvais comportement. C’est ce que nous avons défendu. Et jusqu’ici, pour être honnête, la FIA a été extrêmement utile sur ce point. »
L’enjeu reste important, car le seuil de 12 points entraîne toujours automatiquement une suspension. Kevin Magnussen en avait fait les frais en 2024, contraint de manquer le Grand Prix de São Paulo après avoir dépassé cette limite.
Les pilotes estiment déjà que l’ajustement produit l’effet recherché. Oliver Bearman, qui reste le pilote le plus exposé avec huit points sur sa licence, a salué un système qui pénalise encore les erreurs sans dissuader les dépassements. L’ancienne approche, a-t-il dit à Motorsport.com, « ne nous incitait pas vraiment à tenter quelque chose, à courir ». Pour lui, la nouvelle lecture permet de préserver la bagarre en piste tout en maintenant une vraie sévérité pour les fautes graves.
© Jonathan Borba