Stefano Domenicali a confirmé que la Formule 1 préparait déjà le calendrier 2027 sur une base « normale » tout en gardant des solutions de rechange prêtes si l’instabilité au Moyen-Orient empêche encore Bahreïn, l’Arabie saoudite, le Qatar ou Abou Dhabi d’accueillir des Grands Prix, avec un objectif maintenu de 24 courses.
Le patron de la F1 a expliqué que le calendrier 2027, attendu « prochainement », sera présenté comme « une sorte de plan normal », mais que la catégorie dispose déjà d’alternatives. « Si la situation au Moyen-Orient n’est pas résolue, nous avons naturellement des options et un plan différent », a-t-il dit, en ajoutant que la F1 avait « différents plans avec différentes options disponibles » pour conserver « dans tous les cas » sa cible de 24 manches l’an prochain.
Cette prudence prolonge une crise qui a déjà bousculé la saison 2026. Les Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite ont été annulés, puis Bahreïn a été reprogrammé début octobre à environ 6 000 kilomètres de son site habituel, autour du circuit de Sepang en Malaisie. Dans le même temps, le Qatar et Abou Dhabi, prévus pour conclure le championnat, restent sous la menace de la situation régionale.
Domenicali a précisé que la F1 attendrait jusqu’à la mi-septembre pour trancher sur le Qatar et Abou Dhabi, soit environ deux mois et demi avant les dates prévues. Il a rappelé que les annulations de Bahreïn et de l’Arabie saoudite en 2026 n’étaient tombées qu’environ un mois avant les courses, et que la discipline voulait cette fois agir plus tôt. « Le déclencheur se situe à la fin de l’année », a-t-il dit. « Donc, si je puis dire, nous avons encore beaucoup de temps pour des ajustements. »
Si les deux dernières manches du Moyen-Orient ne peuvent finalement pas avoir lieu, Domenicali a déjà indiqué que la saison se terminerait en Europe. Cette option inquiète pourtant Guenther Steiner, ancien patron de Haas en Formule 1, qui la juge risquée. Sur le podcast Red Flags, il a estimé qu’« en Europe, en novembre et décembre, cela n’a pas de sens de courir » parce que « le risque lié à la météo est trop élevé ».
Steiner a aussi souligné la contrainte économique d’un tel plan de secours. Selon lui, la F1 ne peut pas simplement ajouter une destination de remplacement sans tenir compte de la capacité d’accueil des circuits et du coût pour les équipes. « Il faut aussi aller quelque part où cela a du sens pour les équipes, pour qu’elles ne perdent pas seulement de l’argent », a-t-il déclaré. « C’est un business, il faut aussi qu’il y ait des revenus. Je pense donc que ce sera difficile. »
Domenicali a toutefois replacé l’enjeu sportif dans un cadre plus large. « Je pense que si la situation dans cette région n’est pas résolue pour l’an prochain, c’est une question secondaire pour la F1 dont nous ne devrions nous préoccuper qu’à la marge, parce que la situation globale serait alors très, très, très, très mauvaise. »
© Jonathan Borba