© Jonathan Borba

Piquet Jr a déclenché le Crashgate chez Renault

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Le limogeage de Nelson Piquet Jr. par Renault, le 3 août 2009, a fait basculer une mauvaise histoire sportive en scandale majeur lorsque le Brésilien a accusé Flavio Briatore et Pat Symonds de lui avoir demandé de provoquer volontairement son accident au Grand Prix de Singapour 2008, une version ensuite confirmée par l’enquête de la FIA.

Renault s’était séparé de Piquet Jr. après une saison et demie décevante. En 2008, le fils du triple champion du monde Nelson Piquet avait inscrit 19 points et signé un unique podium avec sa deuxième place en Allemagne. Mais en 2009, il n’avait marqué aucun point en 10 manches, avec une meilleure arrivée limitée à la 10e place à Bahreïn.

Après son renvoi, Piquet Jr. a publiquement visé Flavio Briatore, alors patron de l’équipe et son manager. Dans son communiqué, il a déclaré qu’un manager est censé « vous encourager, vous soutenir et vous offrir des opportunités. Dans mon cas, c’était l’inverse. Flavio Briatore a été mon bourreau. » Il a aussi affirmé avoir été menacé à de nombreuses reprises peu avant les qualifications et les courses, avec l’idée qu’un autre pilote était prêt à prendre sa place s’il n’obtenait pas le résultat attendu.

L’affaire a pris une tout autre dimension quand Piquet Jr. a livré à la FIA un témoignage sous serment après le Grand Prix de Hongrie. Il y a affirmé que Briatore et Pat Symonds, alors directeur de l’ingénierie de Renault, lui avaient demandé de « crasher délibérément ma voiture » avant la course de Singapour 2008. Selon son récit, la réunion s’est tenue entre 16h et 17h le jour de la course, dans le bureau de Briatore, et le plan prévoyait précisément le virage et le tour à viser pour provoquer une sortie de la voiture de sécurité.

D’après ce témoignage, le plan a bien été exécuté. Piquet Jr. a envoyé sa Renault dans le mur au virage 17 au 14e tour, déclenchant immédiatement la voiture de sécurité. Fernando Alonso, parti 15e et déjà arrêté tôt aux stands, a alors profité de la neutralisation pour remonter dans le classement et gagner la première course nocturne de l’histoire de la Formule 1.

L’enquête de la FIA a ensuite conclu que le complot avait bien existé. Renault a reçu une disqualification avec sursis, Briatore a été banni pour une durée indéterminée des compétitions sous juridiction FIA et Symonds a écopé d’une suspension de cinq ans. Alonso a été blanchi de toute implication, tandis que Piquet Jr. a obtenu l’immunité en échange de son témoignage, transformant son éviction en déclencheur d’un des plus grands scandales de l’histoire récente de la F1.

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