Carlos Sainz a annoncé à Silverstone qu’il voulait soumettre à la GPDA une proposition pour modifier le règlement des qualifications en Formule 1, après la pole controversée de George Russell en Autriche sous drapeau jaune: tout pilote provoquant un drapeau jaune ou rouge en qualifications devrait, selon lui, recevoir trois places de pénalité sur la grille.
L’Espagnol ne remet pas en cause la pole de Russell. Au contraire, le pilote Williams a défendu la façon dont le Britannique a géré la situation après l’accident de Max Verstappen en Q3. « La manière dont George l’a géré était parfaite dans le cadre de ce que le règlement autorise, et il méritait pleinement cette pole parce qu’il a utilisé les règles à la perfection », a déclaré Carlos Sainz, pilote Williams, à Silverstone. Mais il a ajouté que Russell « n’aurait jamais dû être autorisé » à terminer ce tour ou à le boucler dans « une situation aussi dangereuse ».
Au coeur de la polémique, la neutralisation jugée trop faible après la sortie de Verstappen lors des derniers tours lancés. D’après les éléments rapportés, la direction de course a d’abord affiché un simple drapeau jaune, avant qu’un double jaune n’apparaisse 22 secondes plus tard. Dans cet intervalle, Russell a suffisamment levé le pied pour rester dans les limites du règlement et a conservé un tour assez rapide pour prendre la pole, tandis que d’autres, comme Andrea Kimi Antonelli, ont abandonné leur tentative.
Sainz estime que cette phase aurait dû être neutralisée immédiatement par un double drapeau jaune ou un drapeau rouge. Son idée vise à supprimer l’avantage sportif qu’un incident peut créer, même sans intention. Selon lui, un pilote qui pousse trop loin, provoque un jaune ou un rouge et empêche les autres d’améliorer peut en tirer un bénéfice direct sur la grille.
C’est pour cela qu’il propose une sanction automatique de trois places. Sainz considère qu’un tel système découragerait les situations où un pilote gagne une position parce que ses rivaux n’ont plus la possibilité de terminer leur tour rapide, même si l’incident n’est pas volontaire.
Pour appuyer son argument, il a rappelé que ce type de scénario n’est pas nouveau et qu’il apparaît régulièrement sur des circuits comme Monaco ou Bakou. Sainz a même raconté avoir pensé l’an dernier à Bakou, alors qu’il occupait provisoirement la pole: « si je crashe maintenant, je suis en pole ». Il a expliqué que tous les pilotes ont ce genre de réflexion et connaissent parfaitement la façon dont le règlement peut récompenser une interruption.
Sainz a toutefois pris soin de distinguer le principe général du cas autrichien. Il a expliqué que Verstappen était alors troisième et que son accident était, selon lui, lié à un problème sur l’aileron arrière « ou quelque chose comme ça ». Son point n’est donc pas de juger l’intention dans cet épisode précis, mais de pousser la F1 à combler une faille réglementaire qui, à ses yeux, peut encore décider l’ordre de départ.
© Jonathan Borba