© Jonathan Borba

Cadillac évince Lowdon et accélère avec Budkowski

Publicité

Cadillac a évincé avec effet immédiat Graeme Lowdon de son poste de team principal en pleine trêve estivale de sa première saison de Formule 1, et son directeur général Dan Towriss a reconnu que la décision lui appartenait seul et n’avait été annoncée à Lowdon que le matin même de la communication officielle.

Présenté par l’équipe comme une « transition planifiée », le changement prend une autre portée à la lumière des explications de Towriss. Lors d’un point presse, le patron de Cadillac a affirmé que « c’était ma décision » et que « ce n’était pas une décision mutuelle », avant de préciser que « Graeme et moi avons parlé ce matin », confirmant le caractère brusque de la séparation. Il a expliqué que la réflexion avait commencé il y a plusieurs mois autour de la prochaine phase du projet, du bon timing et du profil recherché, mais a soutenu qu’en Formule 1 il n’existe « aucune manière facile » de conduire ce type de transition sans déstabiliser l’équipe en place.

Le timing surprend d’autant plus que Lowdon, nommé en décembre 2024, avait piloté la mise sur pied du programme jusqu’à l’arrivée de Cadillac sur la grille 2026, sans signe public clair qu’il ne terminerait pas au moins cette première campagne. L’équipe a pourtant choisi de le remplacer immédiatement par Marcin Budkowski, ancien dirigeant d’Alpine, pour la fin de saison 2026 et au-delà.

Ce changement intervient alors que Cadillac est dernier du championnat après 11 manches et reste la seule équipe sans le moindre point. Le duo Sergio Perez-Valtteri Bottas a cumulé neuf abandons en grand prix, dans une première moitié de saison marquée par des soucis de fiabilité qui ont pesé bien plus lourd que la performance pure.

Towriss a toutefois nié qu’il s’agisse seulement d’une réaction aux difficultés immédiates. Il a insisté sur la direction future de l’écurie et sur la nécessité d’entrer dans une nouvelle étape, avec un profil plus technique pour guider le développement. Selon lui, le but est de donner à Budkowski le temps d’influer sur la structure, les outils et les processus de l’équipe, ainsi que sur le projet 2027, plutôt que d’attendre la fin de la saison et perdre cette fenêtre d’action.

Budkowski a lui-même cadré sa mission autour de la performance organisationnelle autant que sportive. Dans sa première prise de parole, il a expliqué que son objectif serait d’aligner les personnes, les outils et les flux d’information afin que les bonnes décisions soient prises plus vite et que la voiture progresse à chaque course. Il a aussi dit avoir utilisé ses premiers jours pour découvrir l’usine, rencontrer les personnes clés et identifier les domaines à traiter en priorité, tout en reconnaissant qu’il lui faudrait encore du temps pour se faire une image complète.

À Zandvoort, Valtteri Bottas a admis que le choc avait été réel en interne. Le pilote finlandais a déclaré qu’« un grand changement comme celui-ci au milieu de la saison est toujours surprenant au début », avant d’ajouter, après avoir parlé avec Towriss, que « si on garde tout à l’identique, on ne progressera jamais ». Bottas a aussi jugé regrettable le départ de Lowdon, qu’il considère comme un ami, tout en reconnaissant qu’un changement était devenu nécessaire.

Cadillac a donc coupé court à la phase fondatrice menée par Lowdon pour basculer plus tôt que prévu vers une logique de rendement. Avec Budkowski à la tête de l’équipe dès la reprise du championnat, l’enjeu n’est plus seulement de terminer sa première saison sur la grille, mais de transformer une structure encore fragile en organisation capable d’apprendre plus vite, de régler ses problèmes de fiabilité et de préparer déjà le vrai test de sa crédibilité sportive en 2027.

Publicité