Franz Tost estime que le début de saison 2026 d’Aston Martin s’explique d’abord par les difficultés du nouveau moteur Honda et par l’arrivée tardive d’Adrian Newey, mais l’ancien patron de Toro Rosso reste convaincu que le projet peut encore se redresser d’ici 2027.
Après les cinq premières courses, Aston Martin est toujours sans victoire, sans point et dernier du championnat du monde. Invité du « 15 Love - Der Business Podcast », Franz Tost, ancien directeur d’équipe de Toro Rosso, a dressé un constat sévère de la situation actuelle. « La situation n’est pas bonne pour Aston Martin en ce moment. Plusieurs facteurs entrent en jeu », a-t-il déclaré, avant de viser surtout le nouveau groupe propulseur Honda, « conçu d’une manière qui ne fonctionne pas comme ils l’espéraient ».
Tost ne considère toutefois pas cette impasse comme durable. Fort de son expérience avec Honda entre 2018 et 2023, il dit connaître la manière de travailler du constructeur japonais et s’attend à une réaction rapide. « Je connais les Japonais et je suis convaincu qu’ils résoudront le problème d’ici l’année prochaine au plus tard », a-t-il expliqué.
Son optimisme repose sur un précédent très clair. Tost a rappelé que Honda avait déjà surmonté un premier échec retentissant en Formule 1 après la réunion manquée avec McLaren entre 2015 et 2017. Le constructeur s’était relancé avec Toro Rosso en 2018 sous sa direction, avant d’enchaîner ensuite les victoires avec Red Bull et les titres mondiaux. Tost a aussi cité la victoire de Pierre Gasly au Grand Prix d’Italie 2020 à Monza pour AlphaTauri comme preuve de ce redressement.
L’autre frein majeur, selon lui, concerne le timing de l’arrivée d’Adrian Newey. Tost a rappelé que l’ingénieur n’a rejoint Aston Martin qu’en mars 2025, soit très tard pour un projet aussi vaste. Les équipes pouvaient commencer à travailler sur les voitures 2026 dès le 1er janvier 2025, ce qui signifie que Newey a démarré avec au moins deux mois de retard. Dans une autre référence évoquée par Tost, Newey lui-même avait reconnu avoir récupéré un projet AMR26 accusant déjà quatre mois de retard.
Tost juge cette fenêtre de travail trop réduite pour infléchir immédiatement la trajectoire de l’équipe. Il a parlé d’un délai « très, très court » pour « un projet aussi énorme », en soulignant qu’Aston Martin reste encore très loin de ses propres objectifs et qu’il y a encore beaucoup à corriger.
Malgré cela, il voit une sortie de crise à moyen terme. Pour Tost, Honda doit pouvoir remettre son moteur sur les rails, tandis que Newey peut encore poser les bases d’une voiture compétitive pour le nouveau cycle réglementaire. « Si Adrian est en état de le faire, il réussira à construire une voiture correcte pour 2027. J’en suis assez convaincu », a-t-il affirmé, ce qui place désormais l’enjeu principal d’Aston Martin moins sur un redressement immédiat que sur sa capacité à transformer 2027 en véritable point de rebond.
© Jonathan Borba