Jenson Button a prévenu qu’Aston Martin n’avait « pas de solution miraculeuse » à ses gros problèmes de performance en 2026, et que la grande évolution attendue au Grand Prix de Hongrie ne transformera pas l’équipe en candidate au podium.
L’ambassadeur d’Aston Martin F1 a posé un constat brutal sur l’ampleur du retard actuel. Selon lui, l’équipe roule à « près de quatre secondes au tour de la pole position » et, même en trouvant « deux secondes et demie », elle serait « tout juste en lice pour aller chercher une place en Q2 ». Button a décrit ce scénario comme « médiocre », en ajoutant qu’il serait déjà très difficile à atteindre et que gagner plus de deux secondes avec un package aérodynamique ne paraît pas réaliste.
Dans ce contexte, il a insisté sur le fait que le package attendu en Hongrie devait être jugé avec des attentes beaucoup plus modestes. Interrogé lors d’un entretien organisé par viagogo, Button a expliqué que le premier objectif était simplement de « courir de manière compétitive avec d’autres voitures sur la piste ». Il a ajouté qu’Aston Martin « ne va pas se battre pour des podiums » avec cette mise à jour, mais qu’elle représentera « un pas dans la bonne direction », déjà tourné vers 2027.
Button a rappelé qu’Aston Martin a suivi une voie différente cette saison en renonçant au flux classique de petites évolutions. « Ils n’ont eu aucune évolution de toute l’année », a-t-il dit, parce que l’équipe s’est « retenue pour cette seule grande évolution ». Il a opposé cette stratégie à une ancienne norme du paddock, où des équipes apportaient un gros bloc après quelques courses, avec parfois un gain de l’ordre d’une demi-seconde.
Le problème, à ses yeux, dépasse largement une seule pièce ou un seul package. Button a jugé les difficultés de 2026 prévisibles au vu des circonstances, en soulignant qu’Adrian Newey n’avait rejoint l’équipe qu’en mars 2025 et que l’accord avec Honda avait lui aussi été conclu tardivement. Il a lié ce retard au fait que Honda était revenu sur sa sortie de la F1 après avoir déjà démantelé son département, alors que les autres motoristes travaillaient depuis longtemps sur le groupe propulseur de cette saison.
Il a aussi évoqué un retard de quatre mois dans le développement de l’AMR26, les difficultés propres à Honda et la nécessité, pour Aston Martin, d’amener une structure encore « immature » au niveau des grandes équipes. Pour Button, c’est précisément ce qui rend illusoire l’idée d’un redressement rapide face à McLaren, Mercedes, Ferrari et Red Bull. « Ce n’est pas une solution rapide en Formule 1 », a-t-il dit, en rappelant qu’il est très difficile de remonter de la position actuelle d’Aston Martin jusqu’à l’avant de la grille en l’espace de douze mois.
Malgré ce diagnostic sévère, Button a dit croire « pleinement » à la trajectoire à long terme de l’équipe. Il a mis en avant le leadership de Newey et de Lawrence Stroll, en estimant que des choses « excitantes » se préparent en interne. Pour lui, la vraie mesure de la mise à jour de Hongrie ne sera pas un résultat immédiat, mais sa capacité à lancer une progression qui mènera Aston Martin vers 2027 et 2028.
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