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Antonelli reste le favori malgré le choc de Silverstone

Malgré un Grand Prix de Grande-Bretagne qui lui a coûté très cher, Kimi Antonelli reste le favori du titre 2026 aux yeux de Mercedes et de plusieurs observateurs, même si son avance au championnat a fondu de 66 à 25 points après Silverstone.

Le paradoxe du week-end anglais est là. Antonelli a perdu gros sur une panne rarissime alors qu’il chassait encore la victoire, mais cet échec n’a pas changé la lecture générale de sa saison. Après neuf courses, le pilote Mercedes mène toujours le championnat du monde avec cinq victoires, dont une série de cinq succès consécutifs entre la Chine et Monaco. Son matelas avait atteint 66 points après Monaco avant d’être entamé par deux coups du sort mécaniques, d’abord à Barcelone puis à Silverstone.

À Silverstone, l’Italien avait pourtant encore la main sur le week-end. Vainqueur du Sprint, il s’est ensuite retrouvé en lutte pour le succès en Grand Prix après avoir perdu la tête dès le premier tour face aux deux Ferrari de Charles Leclerc et Lewis Hamilton. En revenant sur Leclerc dans les derniers tours, il a endommagé le déflecteur de roue avant gauche de sa Mercedes W17 sur un vibreur. Mercedes l’a fait rentrer pour retirer la pièce détachée, mais sa course a basculé. Devenu beaucoup plus difficile à piloter, son châssis l’a conduit à plusieurs dépassements des limites de piste, sanctionnés par une pénalité de cinq secondes, et il a finalement été classé 16e. Pendant ce temps, George Russell a terminé deuxième et ramené l’écart à 25 points.

Ce recul comptable n’a pourtant pas provoqué de changement de ton chez Toto Wolff, directeur de Mercedes, qui a surtout insisté sur la nécessité de garder la tête froide face au début de saison d’Antonelli. « En ce moment, il dépasse nos attentes les plus optimistes, mais il ne doit pas se sentir satisfait », a-t-il expliqué à la Gazzetta dello Sport. Wolff a aussi fermé la porte aux comparaisons avec les plus grands noms de la discipline. « Nous ne pouvons pas le comparer à Ayrton Senna, qui a remporté trois titres et qui est l’un des pilotes les plus iconiques de tous les temps. Kimi a gagné cinq courses, laissons-le grandir. »

Le message est révélateur du décalage entre l’objectif initial de Mercedes et la situation actuelle. Selon Wolff, l’idée était simplement de voir Antonelli franchir un cap lors de sa deuxième saison après son année d’apprentissage en Formule 1. Le voir aujourd’hui en tête du championnat dépasse donc ce que l’équipe imaginait en début d’exercice.

Guenther Steiner, ancien directeur de Haas, partage cette lecture et considère toujours Antonelli comme l’homme à battre malgré le resserrement du classement. Selon lui, il faudrait « un véritable exploit » de Russell pour inverser la dynamique actuelle. Steiner a surtout retenu de Silverstone la maturité affichée par Antonelli dans le Sprint, lorsqu’il a géré son duel avec Lewis Hamilton avant de faire la différence. « Pour moi, Kimi est actuellement tout simplement incroyable. Ce qu'il réalise est impressionnant. Dans la Sprint, il n'était pas en pole, mais il a attendu. Il savait qu'il allait dépasser Lewis. Il savait exactement ce qu'il faisait. »

Steiner a aussi souligné qu’Antonelli n’avait pas cédé à la précipitation face à Hamilton avant de convertir cette maîtrise en pole position plus tard dans le week-end. Pour lui, même si Russell a repris des points à mi-saison, le titre reste d’abord entre les mains du jeune pilote Mercedes, dont le niveau de performance et le sang-froid continuent de définir la course au championnat.