Max Verstappen aborde le Grand Prix de Grande-Bretagne avec prudence, estimant que Silverstone pourrait mettre en lumière les limites de la réglementation moteur actuelle tant le tracé offre peu d’occasions de recharger la batterie.
Au lendemain de sa deuxième place en Autriche, le pilote Red Bull a expliqué que ses premiers tours au simulateur pour Silverstone l’avaient immédiatement inquiété. « Silverstone, j’adore le circuit, mais j’ai fait quelques tours sur le simulateur et j’ai commencé à rire », a déclaré Max Verstappen, pilote Red Bull et quadruple champion du monde, après l’épreuve autrichienne. « J’avais l’impression que c’était un circuit totalement différent. On a à peine de batterie sur un tour, c’est constamment à fond. »
Son alerte tient à la nature même du circuit britannique. Verstappen a rappelé qu’au Red Bull Ring, « on a de longues lignes droites puis de gros freinages », ce qui permet de recharger la batterie. A Silverstone, en revanche, les longues lignes droites s’enchaînent avec des virages rapides, ce qui change complètement l’équation énergétique. « Là-bas, il y a aussi de longues lignes droites, mais ensuite des virages rapides, par exemple, donc on ne peut pas vraiment recharger la batterie. Et sur la ligne droite suivante, on n’a pas grand-chose à utiliser. Ce sera un défi compliqué. »
Cette mise en garde arrive pourtant au moment où Red Bull semble enfin avoir trouvé une base plus compétitive. La deuxième place de Verstappen en Autriche, obtenue avec une voiture largement revue, a été présentée comme le meilleur résultat de la saison pour l’équipe après un début d’année marqué par un manque de rythme, d’adhérence et d’équilibre.
Mais ce progrès ne garantit rien à Silverstone. Le circuit anglais s’annonce comme un véritable test pour la récupération et le déploiement de l’énergie électrique, dans un contexte où Mercedes a montré cette saison une forte efficacité dans ce domaine et peut donc espérer y être particulièrement performante.
L’avertissement de Verstappen dépasse aussi le seul cas de Red Bull. Depuis l’introduction de cette philosophie moteur, les pilotes critiquent régulièrement une Formule 1 où la gestion de l’énergie pèse trop lourdement sur le pilotage, surtout sur les tracés rapides où les zones de gros freinage sont rares. Le malaise est suffisamment net pour que la FIA ait déjà validé le règlement technique 2027, avec un rôle renforcé du moteur thermique, plus d’énergie disponible via l’ERS et de nouvelles modalités de déploiement destinées à corriger les défauts les plus contestés du concept actuel.
© Morio