© Jonathan Borba

Verstappen-Norris: l’Autriche a changé le titre

Le Grand Prix d’Autriche 2024 a basculé au 64e des 71 tours, quand le duel direct entre Max Verstappen et Lando Norris s’est terminé par un contact, deux crevaisons, l’abandon du pilote McLaren et une cinquième place sauvée par le leader du championnat malgré une pénalité de 10 secondes.

À Spielberg, tout semblait pourtant réuni pour un face-à-face majeur dans la course au titre. Verstappen avait dominé le week-end avec le meilleur temps de l’unique séance d’essais libres, la pole du sprint, la victoire du sprint puis la pole du Grand Prix avec quatre dixièmes d’avance sur un circuit aussi court. En face, Norris s’était affirmé comme le seul rival capable de le menacer régulièrement, aidé par une McLaren MCL38 transformée par les évolutions de mi-saison en voiture capable de gagner.

En course, Verstappen a longtemps gardé la main avant que Red Bull ne lui coûte son matelas. Son dernier arrêt, au 52e tour, a duré environ quatre secondes de plus que la normale parce qu’un pneu s’est mal dégagé. Norris en a profité pour recoller, puis pour enchaîner les attaques dans les quinze derniers tours. Une erreur de freinage de Verstappen au virage 4 a encore renforcé la pression, et le pilote McLaren a commencé à se montrer de plus en plus menaçant au virage 3.

L’accrochage décisif est arrivé au tour 64. Norris a attaqué par l’extérieur au virage 3 alors qu’il était déjà à la hauteur de la Red Bull. Verstappen s’est déporté vers la gauche avant de tourner, et le contact roue contre roue est devenu inévitable. Les deux voitures ont subi une crevaison arrière.

Pour Norris, les dégâts ont été définitifs. Il a regagné les stands avant d’abandonner, sans inscrire le moindre point. Verstappen, lui, a pu ramener sa voiture au ralenti et sauver la cinquième place. Devant, George Russell, jusque-là troisième, a hérité de la victoire devant Oscar Piastri et Carlos Sainz.

Après la course, les commissaires ont jugé Verstappen majoritairement responsable et lui ont infligé 10 secondes de pénalité ainsi que deux points sur sa licence. Cela n’a rien changé au classement final, le Néerlandais ayant terminé à plus de 10 secondes du sixième.

Lando Norris a réagi durement après l’arrivée. Lando Norris a qualifié la défense de Verstappen de « stupide et injuste » et a prévenu qu’il « perdrait le respect » pour le Néerlandais si celui-ci n’acceptait pas sa part de responsabilité. Dans les jours suivants, Norris a toutefois adouci sa position, estimant que Verstappen n’avait pas besoin de s’excuser, tout en réclamant des critères plus clairs du côté des commissaires.

C’est là que l’Autriche a pris une dimension plus lourde encore pour le championnat. Alors que la bagarre en piste avait confirmé l’existence d’un vrai duel entre les deux hommes, son bilan comptable a tourné nettement à l’avantage de Verstappen. Son avance sur Norris est passée de 69 points après l’Espagne à 81 après Spielberg, un paradoxe brutal pour une course qui avait semblé rapprocher les deux rivaux avant de les séparer davantage au classement.