Après le Grand Prix d’Espagne, l’avenir de Max Verstappen chez Red Bull apparaît nettement plus incertain, sa septième place au championnat rendant beaucoup plus plausible l’activation dès la trêve estivale d’une clause de sortie liée à ses résultats.
Le contrat du quadruple champion du monde court pourtant jusqu’à la fin 2028. Mais il prévoit une possibilité de résiliation unilatérale si Verstappen ne figure pas dans les deux premiers du championnat au moment du point d’évaluation fixé au début de la pause estivale, entre les Grands Prix de Hongrie et des Pays-Bas.
Après Barcelone, la situation sportive lui laisse très peu de marge. Verstappen compte 55 points et se retrouve à 60 longueurs de Lewis Hamilton, deuxième avec 115, et à 101 d’Andrea Kimi Antonelli, leader du classement. Avec quatre Grands Prix et un Sprint encore au programme avant la trêve, 108 points restent théoriquement à prendre.
Sur le papier, la remontée jusqu’à la deuxième place reste donc possible. En pratique, elle est jugée très improbable. Verstappen devrait enchaîner les victoires pendant que Hamilton, mais aussi Charles Leclerc, Lando Norris et Oscar Piastri, traverseraient tous une série de mauvais résultats sur la même période. Le scénario s’est encore assombri après un week-end de Barcelone qui a renforcé l’idée d’une Red Bull désormais derrière Mercedes, Ferrari et McLaren en performance pure.
Cette fragilité sportive se double d’un flou persistant en interne. Selon Erik van Haren, journaliste de De Telegraaf présenté comme proche du clan Verstappen, la réunion tenue récemment à Salzbourg avec des dirigeants majeurs de Red Bull n’a pas apporté les garanties espérées par l’écurie. « La situation idéale pour la direction de Red Bull actuellement serait que Max Verstappen dise : “Je reste”. Cela apporterait de la sérénité et permettrait à l’équipe d’attirer de nouveaux collaborateurs. Cela rendrait également l’écurie plus attractive pour les sponsors », a-t-il expliqué.
Interrogé à Barcelone sur cette réunion, Verstappen est resté fermé. « Cela ne regarde personne », a-t-il répondu, avant d’ajouter : « C’était prévu de toute façon. Ce n’est pas comme si cela était apparu soudainement après Monaco. »
Le point central reste que l’activation éventuelle de la clause ne signifierait pas automatiquement un départ. Les informations disponibles indiquent que Verstappen a toujours eu l’intention d’aller au bout de son engagement, mais à condition de voir une amélioration sportive. Il ne veut pas revivre durablement une saison où Red Bull se retrouve régulièrement derrière Mercedes, Ferrari et McLaren.
L’enjeu dépasse désormais le seul cas Verstappen. Van Haren estime que le marché des transferts reste bloqué dans l’attente de sa décision, et un départ forcerait Red Bull à trouver un remplaçant de tout premier plan, tandis que Mercedes apparaît comme l’alternative la plus évidente si la clause devenait activable à la trêve.
© Jonathan Borba