Le Conseil fédéral suisse a confirmé le 6 mai que l’interdiction nationale des courses sur circuit prendra fin le 1er juillet 2026, mettant un terme à une prohibition en vigueur depuis 1955 et à une exception qui durait depuis 71 ans en Europe.
Cette interdiction avait été inscrite dans la loi après la catastrophe des 24 Heures du Mans 1955, au cours de laquelle 84 personnes avaient perdu la vie selon les informations rapportées. Après ce drame, la France, l’Allemagne et l’Espagne avaient elles aussi suspendu le sport automobile, mais seulement de façon temporaire avant un retour des courses après des progrès en matière de sécurité. En Suisse, le veto était resté dans la législation nationale pendant des décennies.
La décision officialise un processus engagé depuis plusieurs années. Le Parlement suisse avait déjà approuvé la suppression complète de l’interdiction en 2022. La validation du Conseil fédéral fixe désormais l’entrée en vigueur au 1er juillet 2026.
Ce changement ne signifie pas pour autant un retour imminent de la Formule 1 en Suisse. Avec la fin de l’interdiction nationale, le pouvoir de décision passera aux cantons, qui continueront d’examiner les projets de courses selon des critères stricts de sécurité, de bruit et d’impact environnemental.
À court terme, la portée de cette mesure devrait donc être surtout symbolique. La Suisse ne dispose pas aujourd’hui d’un grand circuit permanent capable d’accueillir des épreuves internationales majeures. Le Circuit de Lignières, près de Neuchâtel, ne mesure qu’un peu plus d’un kilomètre et ne possède pas les infrastructures nécessaires, ce qui rend plus plausibles de futures courses sur des tracés urbains temporaires qu’un Grand Prix classique.
Le pays avait déjà amorcé un retour prudent du sport automobile international ces dernières années. Une exception introduite en 2015 pour les voitures électriques avait permis la tenue d’un E-Prix de Formule E à Zurich en 2018, puis d’une course à Berne en 2019. Ces événements avaient servi de premières étapes vers la disparition définitive de l’interdiction générale.
La Suisse va ainsi réintégrer le cadre commun du sport automobile international à partir de l’été 2026, mais toute perspective de grandes épreuves restera conditionnée à la capacité des autorités locales à accepter des projets répondant aux exigences modernes de sécurité, de bruit et d’environnement.
© Jonathan Borba