Red Bull assure avoir enfin résolu avant le Grand Prix de Miami le problème de direction qui perturbait Max Verstappen depuis le début de la saison 2026, une correction que l’équipe relie directement au bond de performance aperçu en Floride malgré une course terminée seulement à la cinquième place.
Le signe le plus important du week-end n’a donc pas été le résultat brut de Verstappen, brouillé par un tête-à-queue au début de la course, mais le fait que le RB22 soit redevenu exploitable pour son pilote. Le Néerlandais a expliqué que les nouveautés introduites à Miami avaient fonctionné, tout en confirmant que la panne identifiée depuis les premiers roulages avait enfin été traitée. « Ce que l’équipe a apporté a fonctionné. Même si nos rivaux ont aussi amené des nouveautés, nous avons réussi à réduire notre écart avec eux. Lors des premières courses, nous avions des problèmes de direction. Clairement, il y avait quelque chose qui n’allait pas. Et l’équipe a enfin réussi à le corriger. Maintenant, je peux au moins piloter normalement de nouveau », a déclaré Max Verstappen à la presse néerlandaise.
Verstappen a ajouté qu’il avait signalé l’anomalie très tôt. « J’ai dit clairement qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas dès le premier tour du shakedown de Barcelone, en janvier. Mais, apparemment, c’était quelque chose de complexe à identifier. Maintenant, c’est enfin corrigé. » Selon lui, le problème n’était pas limité à une seule pièce. Il a expliqué que de nombreux éléments devaient fonctionner ensemble, y compris dans leur interaction avec l’aérodynamique et la suspension, ce qui rendait la correction plus complexe qu’un simple changement isolé.
Pierre Waché, directeur technique de Red Bull, a précisé que le défaut avait été détecté avant la pause d’avril, une fenêtre qui a permis à l’équipe de produire les pièces nécessaires. Sans cette interruption, a-t-il expliqué, Red Bull n’aurait pas eu le temps de tout préparer avant les courses prévues à Bahreïn et en Arabie saoudite. La solution est passée par un remplacement complet de la colonne de direction et des composants de support, accompagné d’autres changements destinés à améliorer la réponse de la voiture selon les situations de piste et l’interaction du système avec le reste de l’ensemble.
Cette correction s’est ajoutée aux sept évolutions apportées à Miami, et Laurent Mekies y voit une progression mesurable. Le team principal de Red Bull a rappelé que son équipe sortait du Japon à 1s2 de la pole, puis de Chine à 1s. À Miami, l’écart est tombé à 0s6 de la pole le vendredi et à moins de 0s2 le samedi. « Nous savions qu’il y avait du temps à gagner, donc nous voir ce week-end nous qualifier à six dixièmes de la pole vendredi et à moins de deux dixièmes samedi est une indication majeure de l’ampleur des progrès réalisés », a-t-il déclaré à GRANDE PRÊMIO.
Mekies a toutefois insisté sur le fait que ces chiffres ne donnent pas encore une image définitive du niveau réel du RB22. « Quel est le chiffre exact ? Nous ne le savons pas, mais par rapport à notre position initiale, c’est bien meilleur que tout ce que nous avons pu montrer cette année. » Pour Red Bull, l’essentiel est moins le classement final du dimanche que la confirmation que la voiture s’est montrée bien plus équilibrée que ce à quoi Verstappen était habitué depuis le début de saison.
Le constat est similaire sur les longs relais. Mekies a reconnu qu’il faudrait « quelques heures » pour reconstituer précisément le rythme de course, car l’équipe s’est retrouvée « très décalée avec la stratégie de Max » après son incident du premier tour. Son jugement général est resté positif. « Dans l’ensemble, avec du recul, le rythme de course était à nouveau solide », a-t-il dit, en y voyant une confirmation des signaux aperçus en qualification. Selon lui, Red Bull n’avait pas encore le niveau pour viser la première ou la deuxième place, mais pouvait désormais envisager la lutte pour les troisième, quatrième et cinquième positions.
Ce progrès ne suffit pas à clore les inquiétudes de Red Bull. Mekies a prévenu que l’équipe n’avait « pas encore résolu tout ce que nous voulions » et qu’il restait de la performance à extraire du package actuel. Il a aussi rappelé que 2026 était une « course au développement » et que les rivaux arriveraient déjà au Canada avec de nouvelles pièces, ce qui fera de la prochaine manche, du 22 au 24 mai, un test immédiat pour savoir si Miami était un vrai tournant ou seulement un rattrapage partiel.
© Jonathan Borba