© Jonathan Borba

Pirelli mise sur Madrid pour bouleverser la stratégie

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Pirelli a arrêté des choix de pneus très différents pour les trois prochaines courses de F1, avec les C2, C3 et C4 retenus pour Zandvoort et le tout nouveau Grand Prix d’Espagne à Madrid, tandis que Monza recevra la gamme la plus tendre, C3, C4 et C5. La décision la plus marquante concerne Madring, où l’inconnu du circuit a poussé le manufacturier à privilégier une approche plus prudente mais potentiellement décisive sur le plan stratégique.

Pour la première apparition du Grand Prix d’Espagne sur le tracé semi-urbain de Madring, Pirelli s’est appuyé sur des simulations, faute de données de référence en course. Selon son analyse, ce circuit de 22 virages, avec d’importants changements d’altitude et une longue section relevée, devrait imposer des charges sur les pneus comparables à celles observées à Silverstone ou Spa-Francorchamps.

Le fournisseur explique que ce choix de la gamme intermédiaire vise à « favoriser une stratégie à deux arrêts et offrir une meilleure protection contre le risque de surchauffe excessive en cas de températures élevées », en ajoutant que « le composé le plus tendre de la gamme y serait plus sensible ». En clair, Pirelli cherche à laisser aux équipes une vraie marge tactique sur un circuit dont le comportement réel reste largement inconnu.

À Monza, l’approche est inverse. Pirelli y apportera les trois composés les plus tendres de sa gamme, C3, C4 et C5, sur un week-end où les équipes chercheront naturellement à allonger les relais pour viser un seul arrêt, le temps perdu dans la voie des stands figurant parmi les plus élevés de la saison. Cette lecture pourrait toutefois changer si les températures grimpent fortement, car la gestion de la dégradation deviendrait alors beaucoup plus délicate.

Zandvoort conservera de son côté la même sélection que l’an dernier, avec C2, C3 et C4. Pirelli justifie ce choix par les caractéristiques bien connues du circuit néerlandais, entre virages lents et de moyenne vitesse, deux courbes relevées, fortes charges verticales et latérales, asphalte au grip relativement faible et sable ramené sur la piste par le vent venant des plages voisines.

Au-delà des seules désignations, Pirelli cherche clairement à ouvrir des scénarios de course différents selon les circuits, en jouant sur l’équilibre entre dégradation, surchauffe et performance pure. Madrid pourrait ainsi devenir le test le plus révélateur de cette logique, avec une stratégie à deux arrêts encouragée d’emblée sur un nouveau rendez-vous appelé à peser immédiatement sur la gestion des courses.

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