Juan Pablo Montoya a demandé qu’une lourde sanction disciplinaire soit infligée à Max Verstappen pour ses critiques répétées du règlement 2026 de la Formule 1, allant jusqu’à proposer de lui ajouter sept ou huit points de pénalité sur sa Super Licence afin de le placer au bord d’une suspension automatique.
Sur le podcast Chequered Flag de la BBC, l’ancien pilote Williams et McLaren a expliqué que, pour lui, le problème n’était pas la critique du fond mais la manière. « Il faut respecter ce sport », a déclaré Montoya. Il a ajouté que ne pas aimer le règlement était légitime, mais que « la manière dont tu parles de ce qui te fait vivre, de ton propre sport, devrait avoir des conséquences ».
Montoya a alors avancé une mesure très concrète. « Écartez-le. Ajoutez sept points sur la licence, huit points sur la licence. Quoi que vous fassiez ensuite, il sera mis sur la touche. Je vous garantis que le message serait différent », a-t-il lancé. Verstappen compte déjà trois points sur sa Super Licence après son incident avec George Russell lors du Grand Prix d’Espagne de l’an dernier, alors que le seuil de suspension automatique est fixé à 12.
La sortie de Montoya vise directement les prises de position du quadruple champion du monde contre ces règles. Depuis les essais de pré-saison de Bahreïn, Verstappen s’est imposé comme l’une des voix les plus dures sur le sujet, qualifiant les nouvelles voitures d’« anti-course », de « Formula E sous stéroïdes » et de « Mario Kart ». À Miami, malgré les ajustements apportés par la FIA en avril, il a encore estimé qu’il fallait « aller moins vite pour aller plus vite » et que ces règles restaient « punitives ».
Montoya a toutefois insisté sur le fait qu’il ne voulait pas réduire les pilotes au silence. Il a rappelé qu’ils avaient « parfaitement le droit d’avoir une opinion » et qu’« il est normal d’être franc ». Sa limite, selon lui, est ailleurs : « je ne dis pas de ne rien dire, mais il ne faut pas venir appeler une F1 un Mario Kart ».
Le Colombien a enfin laissé entendre que le discours de Verstappen pouvait aussi répondre à une logique d’équipe. Toujours sur la BBC, il a expliqué qu’il existait « deux choses » dans ce type de déclarations : « ce qu’il pense vraiment » et « ce que l’équipe lui demande probablement de dire ». Selon lui, « la politique de ce sport est vraiment importante », ce qui donne à cette controverse une portée qui dépasse la seule frustration d’un pilote face au règlement.
© Jonathan Borba