George Russell a offert la pole de la course sprint à Mercedes au Grand Prix du Canada avec un tour en 1:12.965, devant Andrea Kimi Antonelli à 0,068 s, confirmant l’ascendant pris par l’écurie allemande dès l’unique séance d’essais du week-end sprint à Montréal.
La force de Mercedes ne s’est pas limitée à un coup d’éclat en SQ3. Quelques heures plus tôt, Antonelli avait déjà signé le meilleur temps de la seule séance d’essais libres en 1:13.402, avec Russell deuxième à 0,142 s. Derrière, Ferrari a suivi avec Lewis Hamilton à 0,774 s et Charles Leclerc à 0,953 s, tandis que Max Verstappen n’avait pu faire mieux que cinquième, à 0,964 s du leader.
Cette hiérarchie donne du poids au package d’évolutions apporté par Mercedes à Montréal. Sur un week-end sprint où le roulage est limité, l’équipe a immédiatement trouvé de la performance et l’a transformée en première ligne 100 % Mercedes pour la sprint, Russell devant Antonelli. McLaren a pris la deuxième ligne avec Lando Norris troisième en 1:13.280 et Oscar Piastri quatrième en 1:13.299, devant les Ferrari de Hamilton et Leclerc.
Pour Red Bull, le contraste a été net. Verstappen est resté en retrait toute la journée, d’abord cinquième en essais, puis seulement septième sur la grille de la sprint en 1:13.504, à 0,539 s de Russell. Sa qualification a surtout révélé les limites actuelles de la RB22 sur ce tracé: en SQ2, le Néerlandais a longtemps été en danger avant de se qualifier de justesse pour le top 10. À la radio, il a résumé sa séance en expliquant que « tout ne se met pas bien ensemble ».
Isack Hadjar a au moins permis à Red Bull de placer sa deuxième voiture dans le top 10 avec la huitième place, mais la tendance du vendredi est restée largement favorable à Mercedes. Même la structure du top 8 en sprint qualifying a illustré l’ordre des forces du moment, avec les Mercedes devant les McLaren, puis les Ferrari, avant les deux Red Bull.
La journée a pourtant été hachée par les interruptions. En essais libres, Liam Lawson s’est arrêté en piste à cause d’un problème de direction assistée, Alex Albon a violemment tapé le mur après un choc avec une marmotte, puis Esteban Ocon a provoqué un troisième drapeau rouge après sa sortie. La séance a été prolongée pour compenser le temps perdu. En SQ1, Fernando Alonso a à son tour déclenché une neutralisation en partant tout droit au virage 3 alors qu’il restait 1 min 46 s au chronomètre, ce qui a comprimé la fin de session et provoqué une sortie de stands très encombrée.
Ces incidents ont eu des conséquences directes sur la grille de la sprint. Albon n’a pas pu participer à la qualification après les dégâts subis sur sa Williams en essais, et Lawson a lui aussi été contraint de renoncer, sa Racing Bulls n’ayant pas pu être réparée à temps après son problème du début de journée. Dans un format où chaque minute compte, Mercedes a été la seule équipe de pointe à convertir sans détour sa vitesse du vendredi en avantage concret, avec Russell et Antonelli idéalement placés pour contrôler la sprint.
© Jonathan Borba