Lewis Hamilton a signé au Grand Prix du Canada 2025 son meilleur résultat depuis son arrivée chez Ferrari, une deuxième place obtenue après avoir dépassé Max Verstappen en fin de course, et il l’a directement reliée à une décision forte prise avant Montréal: se passer du simulateur de Maranello.
Avant le week-end canadien, Hamilton avait expliqué qu’il ne voulait plus préparer ses courses de cette façon, jugeant l’outil trop peu fiable pour sa propre mise au point. « Avec les simulations, j’ai l’impression que les repères changent sans cesse », avait-il expliqué avant d’ajouter qu’il avait choisi, pour cette manche, de s’en passer et de se concentrer davantage sur les données. Ce travail a porté sur l’équilibre en milieu de virage, l’équilibre mécanique, les approches de virage et le réglage du freinage, un domaine qui lui posait problème depuis quelque temps. Selon lui, cela a conduit à une « très bonne intégration avec mes ingénieurs ».
Après la course, le septuple champion du monde Ferrari Lewis Hamilton a encore durci son discours sur cet outil. Face aux médias, dont RacingNews365, il a expliqué qu’il n’excluait pas d’y remonter pour comparer les constats du week-end avec le virtuel, afin d’aider l’équipe à progresser, mais plus pour préparer un Grand Prix. « Il y a tout simplement trop de risques. Si vous regardez les deux meilleures courses que j’ai faites, je n’ai pas utilisé le simulateur, et c’est tout simplement comme ça », a-t-il dit. « C’est un outil qui peut être puissant. Mais pour moi, je suis old school. Je suis probablement meilleur sans. »
Cette association immédiate entre l’abandon du simulateur et la meilleure performance d’Hamilton chez Ferrari a fait réagir en Angleterre. Sur Sky Sports F1, le commentateur principal David Croft a estimé que le constat était sévère pour Maranello. Il a jugé « assez accablant » le fait qu’Hamilton renonce au simulateur puis connaisse son meilleur week-end en rouge. Croft a ajouté qu’il s’inquiéterait de possibles problèmes de corrélation si, comme Hamilton l’a laissé entendre, les réglages issus du simulateur l’orientaient souvent dans la mauvaise direction.
Le contraste avec l’autre côté du garage a encore renforcé l’impression d’un basculement interne chez Ferrari. Charles Leclerc a décrit Montréal comme « l’un des pires week-ends, sinon le pire, de ma carrière » et a reconnu: « J’ai du travail pour arriver au niveau de Lewis dans une journée comme celle-ci. » Hamilton, lui, a parlé du « jour le plus heureux » depuis ses débuts chez Ferrari. Il a surtout insisté sur le fait qu’il sent enfin autour de lui la structure technique qu’il réclamait: « J’ai enfin l’équipe d’ingénieurs vers laquelle je tendais. »
Ce point compte autant que le résultat brut. Hamilton a expliqué qu’en s’éloignant du simulateur, il avait pu revenir à une lecture plus directe de la voiture et du retour de piste, tout en affinant sa collaboration avec ses ingénieurs. À Montréal, cette méthode a produit un week-end propre, rapide et cohérent, suffisamment solide pour lui permettre de se mêler à Verstappen puis de prendre la deuxième place.
Reste maintenant à savoir si ce choix peut devenir une ligne durable ou s’il ne s’agit que d’une solution ponctuelle adaptée à certains rendez-vous. Une chose, en revanche, est déjà claire pour Ferrari: les deux meilleures sorties d’Hamilton jusque-là ont été préparées sans le simulateur, ce qui transforme son week-end montréalais en signal sportif, mais aussi en question technique de fond pour l’équipe.
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