© Jonathan Borba

F1: revenus record et retour aux profits en 2026

La Formule 1 a signé le meilleur premier trimestre financier de son histoire en 2026, avec des revenus en hausse de 53 % à 617 millions de dollars entre janvier et mars, tandis que le championnat est passé d’une perte d’exploitation de 28 millions de dollars un an plus tôt à un bénéfice d’exploitation de 107 millions.

Liberty Media attribue d’abord ce bond à l’effet calendrier. En 2025, seules les manches d’Australie et de Chine avaient été disputées avant la fin mars. Cette fois, le Grand Prix du Japon est venu s’ajouter à la période, ce qui a mécaniquement renforcé les revenus liés à l’organisation des courses. Le groupe a aussi souligné que l’absence de Bahreïn et de l’Arabie saoudite avait modifié la répartition proportionnelle des revenus sur l’ensemble de la saison.

Dans son communiqué, Liberty a précisé que les revenus principaux de la F1 ont progressé grâce à « une course supplémentaire sur le trimestre, une reconnaissance proportionnellement plus élevée des revenus saisonniers et des hausses de frais contractuels ». L’entreprise a ajouté que les droits médias et le sponsoring ont eux aussi augmenté sous l’effet de cette variation du calendrier et de la comptabilisation d’une part plus importante des recettes de la saison.

La hausse ne s’est pas limitée aux flux commerciaux traditionnels. Liberty a aussi fait état d’une progression des revenus annexes, portée par l’hospitalité, le fret et les voyages. Le groupe cite une amélioration des ventes du Paddock Club, le lancement de nouvelles offres premium pour les fans et une croissance des activités de Grand Prix Plaza à Las Vegas.

Stefano Domenicali, président-directeur général de la Formule 1, a défendu l’idée d’une dynamique plus large que les seuls comptes trimestriels. « Nous avons connu un début de saison passionnant, en piste comme en dehors, avec davantage de dépassements et un début d’année extrêmement compétitif », a-t-il déclaré. Il a aussi mis en avant « un début solide » du partenariat avec Apple aux États-Unis, un accord pluriannuel renouvelé avec Sky et de nouvelles relations commerciales, dont Standard Chartered et Marsh.

Lors de la conférence téléphonique consacrée aux résultats, Domenicali a appuyé ce message avec des indicateurs de demande. Selon lui, les quatre premières courses de 2026 ont affiché complet et la F1 a déjà accueilli 1,3 million de spectateurs sur les circuits, avec un record d’affluence en Australie. Il a ajouté que le Paddock Club était déjà quasiment complet pour l’ensemble de la saison, avec plus de 65 000 billets vendus, au point que la capacité sera augmentée à Silverstone, Austin et Monza.

Le dirigeant a aussi mis en avant la progression de l’audience et de l’engagement numérique. Les marchés télévisés majeurs sont en hausse par rapport à l’an dernier, avec une progression citée au Brésil, en Italie et en Chine. En Italie, la hausse atteint 25 % selon lui. Sur le numérique, Domenicali a indiqué que les contenus YouTube de la F1 avaient généré près de 600 millions de vues pendant le week-end du Grand Prix du Japon, soit 46 % de plus qu’en 2025, tandis que les réseaux sociaux ont progressé de 20 % sur un an pour dépasser les 120 millions d’abonnés.

Ces chiffres renforcent le message central de Liberty Media: malgré un début de saison 2026 agité sur le plan sportif et réglementaire, la F1 continue de monétiser sa croissance mondiale et de s’appuyer sur des revenus commerciaux suffisamment solides pour transformer un trimestre de début de championnat en record historique.