La F1 ne manque pas de candidats, elle manque de places. Avec un calendrier bloqué à 24 Grands Prix, Stefano Domenicali a expliqué à Motorsport.com que la discipline peut désormais écarter sans attendre les projets qui n’apportent pas de garanties solides, comme l’a montré l’annonce d’un retour de l’Inde en 2027, rapidement rejetée par la direction de la série.
Le président-directeur général de la F1 a résumé le cap en entretien avec Motorsport.com, à propos des nouveaux marchés : « L’un des points pertinents, ce n’est pas un pic sur une seule année. Il s’agit de savoir comment nous pouvons avoir l’assurance que, lorsque nous allons dans un nouvel endroit, il existe une vision sur plusieurs années et qu’il y a un marché pertinent », a déclaré Stefano Domenicali, président-directeur général de la F1, à Motorsport.com. Il a poursuivi dans le même entretien : « Nous ne pouvons pas aller dans un endroit où, peut-être, ils ont un pic fantastique pendant un an, puis l’année suivante, quel est le plan d’affaires ? Quelle est votre base de fans ? Quelle est votre situation commerciale qui vous donne la confiance nécessaire pour être là pendant cinq ou dix ans ? Donc, nous devons voir cette preuve. »
Cette ligne se voit déjà dans la forme du calendrier. Selon l’article, la majorité du calendrier est sécurisée au moins jusqu’en 2032. Le Red Bull Ring est prolongé jusqu’en 2041, tandis que Melbourne, Madrid, Bahreïn et Montréal ont tous une place assurée pour au moins une décennie. Domenicali a expliqué à Motorsport.com, en revenant sur ses échanges avec les investisseurs, que ces contrats longs servent aussi à obtenir des investissements concrets. « D’abord, je le fais parce que nous croyons en ce marché. Ensuite, c’est parce que nous pouvons demander au promoteur d’investir. Sinon, si vous aviez un accord de trois ans, comment pourriez-vous pousser le promoteur à investir ? », a déclaré Stefano Domenicali, président-directeur général de la F1, à Motorsport.com, en évoquant ses prises de parole lors d’appels avec des investisseurs. Dans ce contexte, il a cité Miami, où une nouvelle zone d’hospitalité doit être construite dans les prochaines années, l’Australie, où un nouveau paddock et de nouvelles installations sont attendus l’an prochain, ainsi que la Hongrie et Austin.
C’est aussi ce qui explique la réaction sèche face aux annonces politiques. L’article affirme que les déclarations d’officiels indiens sur un retour en 2027 étaient une nouveauté pour la direction de la F1 et ont été vite écartées. Il ajoute que des affirmations du même genre reviennent régulièrement d’Afrique du Sud. Pour l’Argentine, l’article indique qu’un retour n’est pas envisagé à court terme. Buenos Aires doit d’abord relancer l’Autodromo Oscar y Juan Galvez rénové avec le MotoGP. L’intérêt réveillé par Franco Colapinto ne suffit pas non plus, l’article précisant qu’il n’existe aucune garantie que le pilote Alpine annoncé pour 2026 soit encore sur la grille quand le pays serait prêt.
Parmi les dossiers jugés plus solides, l’article cite la Thaïlande et la Corée du Sud, avec des projets urbains à Bangkok et Incheon. Aucun n’est proche d’un accord final. En Thaïlande, les récents bouleversements politiques retardent le dossier. À Incheon, le projet dépend des prochaines élections municipales. L’article précise toutefois que les deux candidatures ont présenté des plans appuyés par des investissements importants, publics ou privés.
Domenicali a aussi refroidi l’idée d’une nouvelle expansion aux États-Unis. « Je pense qu’il y a beaucoup d’intérêt aux États-Unis de la part d’autres endroits, et cela grandit », a déclaré Stefano Domenicali, président-directeur général de la F1, à Motorsport.com. Mais il a aussitôt posé la limite dans le même entretien : « Nous devons être attentifs. Bien sûr, si à l’avenir nous n’avons plus le Mexique ou si d’autres choses se produisent dans cette région du monde, nous pourrons envisager cela. D’ailleurs, ils veulent renouveler. Mais plus de courses maintenant, je pense que ce ne serait pas équilibré. »
Cette stabilité sur le long terme sert aussi à mieux organiser les déplacements d’un calendrier déjà plein. Domenicali a expliqué à Motorsport.com que la F1 a « déjà fait un grand pas » dans l’optimisation du calendrier, tout en rappelant que la logique commerciale compte autant que la logistique. Il a souligné qu’en théorie, les courses du Moyen-Orient ou des Amériques pourraient être regroupées davantage, mais que cela ne fonctionnerait pas commercialement. Le déplacement du Canada après Miami illustre cette méthode, selon lui, car il répond à la fois à l’objectif d’éviter des trajets de fret transatlantiques supplémentaires et aux contraintes commerciales d’un calendrier construit autour du climat, des fêtes publiques et religieuses, ainsi que des pauses hivernale et estivale.
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