Colton Herta a franchi à Barcelone une étape majeure vers la Formule 1 en menant à bien sa première EL1 officielle avec Cadillac, au moment même où sa campagne de F2 a enfin montré des signes de progrès crédibles.
Au volant de la Cadillac MAC-26, l’Américain a bouclé 27 tours lors de la première séance d’essais libres et a terminé à 4,334 secondes de la référence, à moins de deux secondes de Valtteri Bottas dans l’autre voiture. Pendant la séance, l’équipe lui a confirmé à la radio qu’elle avait « coché tous ses points », signe que le programme de développement prévu avait été complété.
Marc Hynes, responsable de la compétition chez Cadillac, a présenté cette sortie comme « le début du voyage » et comme « une étape importante pour l’équipe, une étape importante pour le pilote ». Il a ajouté que Herta « a fait un excellent travail » et que l’écurie avait « terminé le programme » et obtenu « les données dont nous avions besoin ».
Pour Herta, l’impact le plus immédiat a été la performance brute de la voiture. « C’est simplement la vitesse de la voiture », a-t-il expliqué. « Le freinage, l’accélération, le passage en courbe. Chaque élément est tout simplement plus rapide que tout ce que j’ai pu faire, donc c’est très impressionnant. »
Cette première prise en main restait pourtant autant un exercice d’apprentissage qu’un test de rythme. Herta a expliqué qu’il apprenait « tout le temps » au volant de ces F1 à moteur 2026, en particulier la nécessité de faire confiance aux réactions annoncées par les ingénieurs. Il a jugé la corrélation avec le simulateur « plutôt bonne », tout en soulignant que les repères changent une fois dans la vraie voiture et que rien ne remplace le roulage réel.
Ce jalon s’inscrit dans une transition plus large engagée pour atteindre la F1. Herta a quitté l’IndyCar pour suivre la voie de la F2 vers la grille, avec jusque-là une expérience limitée de la discipline: 162 tours sur deux jours d’essais avec McLaren à Portimão en 2022, puis une journée de Testing of Previous Cars avec Alpine avant Barcelone pour se réhabituer aux vitesses de la F1. À Monaco, le team principal de Cadillac Graeme Lowdon avait rappelé que l’objectif de cette saison en F2 était d’apprendre les pneus, les circuits et le fonctionnement des week-ends européens, pas d’écraser immédiatement la concurrence.
C’est pour cela que Barcelone compte aussi au-delà de l’EL1. Après quatre manches, Herta n’était que 13e du championnat de F2 sans avoir fait mieux qu’une septième place, et il n’avait jamais qualifié mieux que 14e. En Catalogne, il s’est qualifié 8e, son meilleur résultat de la saison après une série de 14e, 14e, 19e et 14e, ce qui lui a offert pour la première fois une place favorable sur la grille inversée de la course sprint.
Herta a attribué ce bond à une familiarité enfin retrouvée. « C’est l’endroit où j’ai probablement le plus d’expérience », a-t-il déclaré à The Race, en rappelant qu’il y avait effectué trois journées d’essais de pré-saison en F2. Il a parlé d’« un grand week-end » pour lui au regard de ce qu’il avait vécu jusque-là dans la catégorie.
La suite n’a pas encore transformé cette amélioration en résultat fort. Dans le sprint, il est retombé jusqu’à la cinquième place en début de course avant de revenir dans la lutte pour le podium grâce à une bonne gestion des pneus Pirelli, puis une erreur au dernier tour l’a renvoyé cinquième. Le dimanche, il a davantage souffert, a usé ses pneus jusqu’à sortir du top 10 dans les derniers tours et a terminé 15e de la course principale.
Barcelone n’a donc pas tout réglé, mais le week-end a donné à la candidature de Herta une base plus tangible: Cadillac a validé sa première sortie officielle en F1, et la F2 a enfin offert des indices concrets que son adaptation commence à produire autre chose que de l’expérience.
© Jonathan Borba