Parti seulement septième après une pénalité de trois places sur la grille, Kimi Antonelli a arraché la troisième place du Grand Prix de Hongrie et porté son avance au championnat du monde à 50 points sur Lewis Hamilton avant la pause estivale.
Pour le leader du championnat, ce podium a surtout ressemblé à une opération de limitation des dégâts dans un week-end compliqué. Mercedes a choisi de décaler sa stratégie dans une course où dépasser était très difficile, en tentant d’abord le pari d’un seul arrêt pour garder Antonelli dans le match malgré sa position de départ.
Ce plan a fini par être abandonné quand l’équipe a jugé les pneus trop proches de la limite. Antonelli l’a résumé après l’arrivée : « C’était une course difficile. C’était vraiment compliqué de dépasser, donc nous devions tenter quelque chose sur le plan stratégique. Au départ, nous avons essayé de partir sur un seul arrêt. » Il a ajouté : « J’ai essayé d’aller au bout avec un seul arrêt, mais l’équipe m’a prévenu que les pneus arrivaient vraiment à leur limite. Nous avons donc décidé de rentrer aux stands. »
Le moment clé est venu avec l’abandon d’Oscar Piastri, qui a provoqué une voiture de sécurité virtuelle et relancé la lutte pour le podium. Les deux Ferrari ont profité de la neutralisation pour chausser des pneus tendres frais, tandis qu’Antonelli est resté en piste en gommes dures. Il est ressorti devant les voitures rouges et a conservé l’avantage, Hamilton perdant ensuite une place supplémentaire au classement final avec une pénalité de cinq secondes pour excès de vitesse dans la voie des stands.
Antonelli savait alors qu’il allait devoir tenir jusqu’au bout dans des conditions défavorables. « Avec la Virtual Safety Car, les deux Ferrari se sont arrêtées. Je savais que ce serait difficile parce qu’elles étaient en pneus tendres alors que j’étais en pneus durs, mais heureusement nous avons réussi à les garder derrière », a-t-il expliqué.
Ce résultat a d’autant plus de valeur qu’il efface en partie les dégâts de sa pénalité de la veille. Quatrième des qualifications au Hungaroring, Antonelli avait été rétrogradé au septième rang sur la grille après que les commissaires ont estimé qu’il n’avait pas assez ralenti sous drapeau jaune dans le dernier virage. La télémétrie montrait bien qu’il avait levé le pied 16 mètres plus tôt et abordé la zone 14 km/h moins vite, mais son temps dans le minisecteur n’était plus lent que de 0,03 seconde et sa vitesse au niveau de l’incident restait 3 km/h plus élevée que sur son tour rapide précédent. Les commissaires lui ont infligé trois places de pénalité et un point sur sa licence.
Avec cette troisième place, Antonelli compte désormais 219 points. Hamilton en a 169, tandis que George Russell, septième à Budapest, se retrouve à 59 longueurs. L’Italien a reconnu qu’il n’imaginait pas se retrouver dans une telle position à mi-saison et a insisté sur la portée comptable du résultat avant la coupure estivale : c’était, selon ses mots, une « grosse limitation des dégâts » et « la meilleure manière d’aborder la pause estivale », même s’il a prévenu que « la deuxième moitié de saison sera difficile ».
© Jonathan Borba