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Zak Brown attaque les équipes A/B en F1

Zak Brown, CEO de McLaren, a relancé mercredi son offensive contre les équipes « A/B » et la multipropriété en Formule 1, en estimant qu’autoriser une nouvelle alliance de ce type serait « une erreur pour le sport » et ferait courir « un risque très élevé de compromettre l’intégrité de l’équité sportive ».

En conférence de presse organisée par McLaren, Brown a directement lié cette prise de position au débat relancé par un possible rapprochement entre Mercedes et Alpine. Sans viser un acteur en particulier, il a affirmé que sa ligne ne changeait pas selon les équipes concernées. « Cela s’applique à tout le monde », a-t-il dit, en ajoutant qu’il voyait d’un mauvais oeil toute nouvelle structure de co-détention ou de coopération renforcée entre deux écuries.

Le patron de McLaren a expliqué qu’il pouvait encore accepter le cas Red Bull-Racing Bulls parce qu’il s’agit d’une situation ancienne, en place depuis « 20 ans », et parce qu’elle fait désormais l’objet d’un contrôle plus étroit. Il a rappelé que le sujet avait été « beaucoup débattu dans le dernier Pacte Concorde », au point que l’idée d’une cession future de l’une des deux équipes avait été évoquée. Pour lui, aller dans l’autre sens aujourd’hui serait « ridicule ».

Brown a précisé qu’il avait écrit l’an dernier à la FIA et à la Formule 1 sur cette question, en expliquant que McLaren continuait à signaler des situations jugées problématiques. Il dit percevoir « une plus grande prise de conscience et un plus grand contrôle de la part de la FIA » et s’est dit satisfait de voir que Racing Bulls et Red Bull « ne semblent plus être la même voiture ». Il a aussi souligné que sa critique n’était pas dirigée personnellement contre Laurent, qu’il a décrit comme ouvert au dialogue, mais contre un modèle qu’il considère nocif pour la discipline.

Son argument central porte sur la crédibilité de la compétition. Brown estime que les fans se détourneraient rapidement du championnat s’ils n’avaient plus le sentiment qu’il existe « 11 équipes de course indépendantes ». À ses yeux, la fourniture de groupes propulseurs doit rester la limite acceptable entre deux structures. « Les groupes propulseurs comme fourniture moteur, c’est aussi loin que cela devrait aller », a-t-il résumé.

Pour défendre cette position, Brown a cité plusieurs cas concrets. Il a notamment affirmé que Daniel Ricciardo, lorsqu’il pilotait pour Racing Bulls, avait pris « un point du meilleur tour pour aider l’autre équipe » à Singapour en 2024. Il a aussi évoqué les violations de propriété intellectuelle autour des écopes de freins dans l’affaire Racing Point de 2020, ainsi que les transferts de personnel d’une équipe à l’autre « du jour au lendemain ».

Selon lui, ces mouvements créent un double déséquilibre. McLaren, a-t-il expliqué, doit parfois attendre avant de finaliser un recrutement et conclure des accords financiers qui finissent par peser sur son plafond budgétaire. Quand des équipes liées peuvent faire circuler des employés « sans compensation financière », Brown y voit « un avantage financier injuste » mais aussi « un avantage sportif injuste ».

Sa critique ne s’arrête pas aux structures détenues par un même groupe. Brown a aussi pointé la collaboration « extrêmement étroite » entre Ferrari et Haas, en évoquant des échanges de personnel et les risques que cela pose sur la propriété intellectuelle. « Il y a la question de la propriété intellectuelle qui est très importante », a-t-il insisté, en rappelant qu’une partie du savoir d’une équipe se trouve aussi « dans la tête » de ses employés.

Pour illustrer le conflit d’intérêts qu’il redoute, Brown a utilisé une comparaison avec le football. « Pouvez-vous imaginer un match de Premier League où deux équipes appartiennent au même groupe, l’une sera reléguée si elle perd, tandis que l’autre n’a pas besoin de gagner ? » a-t-il lancé. C’est, selon lui, exactement le type de situation auquel la F1 s’exposerait si elle autorisait de nouvelles alliances de type A/B ou de nouvelles multipropriétés, au risque de fragiliser sa propre équité sportive.