Laurent Mekies affirme que Max Verstappen reste pleinement investi chez Red Bull, mais le directeur de l’équipe admet aussi que la suite dépendra d’une chose simple: lui rendre très vite une voiture capable de jouer devant, avec des évolutions attendues dès Miami après un début de saison 2026 raté.
Face aux doutes qui entourent l’avenir du quadruple champion du monde, Red Bull a voulu couper court à l’idée d’une rupture interne. Mekies a assuré que Verstappen est directement impliqué dans les discussions majeures de l’équipe, y compris sur le dossier Gianpiero Lambiase, son ingénieur de course historique, annoncé sur le départ vers McLaren en 2028. « Nous parlons avec Max presque tous les jours. Il était parfaitement au courant des discussions que nous avons eues avec GP, parce que nous sommes totalement transparents », a expliqué Laurent Mekies, directeur d’équipe de Red Bull. Il a ajouté que Verstappen « n’évalue pas le projet de l’extérieur, il est en plein dedans ».
Mekies a aussi tenté de rassurer sur la situation de Lambiase. Selon lui, il n’y a aucun signe d’un départ immédiat et l’ingénieur doit encore rester deux ans, lié par un contrat de long terme. Il a toutefois reconnu que Lambiase avait reçu une « opportunité extraordinaire » et qu’il avait choisi de la saisir.
Cette défense publique intervient alors que le contexte sportif fragilise Red Bull. Verstappen a parfois qualifié la RB22 d’« inconduisible », il n’est que neuvième du championnat, tandis que Red Bull occupe la sixième place chez les constructeurs derrière Alpine et Haas, déjà reléguée à 119 points de Mercedes. Dans ce cadre, le message de Mekies est double: Verstappen est toujours engagé, mais l’équipe n’a plus de marge.
« Le Max que nous voyons est totalement engagé. Il veut une voiture rapide et il aide l’équipe à la rendre plus rapide. Il met toute son énergie dans cet objectif », a dit Mekies. Le Français a aussi jugé légitimes les critiques du Néerlandais sur la réglementation et sur le niveau de performance actuel, avant de reconnaître l’urgence: Red Bull « n’a plus le droit à l’erreur ». L’objectif est désormais de lui donner dès Miami une monoplace avec laquelle « il peut attaquer » en permanence.
C’est là que se joue l’essentiel. Red Bull soutient que Verstappen ne prépare pas son départ, mais lie elle-même implicitement son avenir à la compétitivité de la voiture dans les prochaines semaines. Mekies l’a résumé en expliquant que la priorité absolue était de lui fournir une machine pour se battre à l’avant, après trois premières courses qui ne lui ont pas facilité la tâche.
Autour de l’équipe, beaucoup restent sceptiques. Ralf Schumacher, ancien pilote de F1, estime que deux scénarios se dessinent: « Soit Max Verstappen veut arrêter, ce que je ne crois pas, soit tout est mis en place pour qu’il rejoigne une équipe qui lui offre un meilleur avenir. » Dans le podcast Backstage Boxengasse, il a insisté sur le facteur temps, jugeant que Red Bull aura besoin de reconstruire et que Verstappen pourrait ne pas accepter d’attendre « deux à trois ans ».
Schumacher voit d’ailleurs McLaren comme une option naturelle si Verstappen arrivait sur le marché. Selon lui, l’équipe dispose d’un très bon package et son intérêt pour le Néerlandais n’est pas nouveau. « Si Max Verstappen devient disponible, il faut foncer », a-t-il dit.
Martin Brundle, ancien pilote de F1 et consultant pour Sky Sports, a nuancé cette lecture. Selon lui, un départ n’aurait rien d’évident, même si Red Bull doit bel et bien convaincre son pilote. « Je ne suis pas sûr que ce soit si simple » pour Verstappen de quitter l’équipe, a-t-il expliqué, en rappelant que Mercedes, McLaren et Ferrari ont déjà des duos solides. Brundle estime surtout que le Néerlandais attendra de voir si Red Bull maîtrise enfin cette réglementation et si les évolutions de la voiture changent réellement la trajectoire de sa saison.
Le dossier Verstappen ne se résume donc plus à des rumeurs de paddock ou au futur départ de Lambiase. Chez Red Bull, la question est devenue immédiatement sportive: si les évolutions annoncées ne remettent pas la RB22 au niveau, la fidélité affichée aujourd’hui risque de se transformer très vite en vrai test pour l’avenir du champion du monde.
© Jonathan Borba