George Russell a pris la défense du nouveau règlement de la Formule 1 face aux attaques de Max Verstappen, en affirmant qu’il était « totalement en désaccord » avec cette lecture et que les nouvelles voitures peuvent au contraire produire des courses plus disputées.
Dans un entretien accordé à BBC Sport, le pilote Mercedes a expliqué qu’il appréciait « énormément la voiture », même si le groupe propulseur et le moteur sont « clairement différents » et demandent encore « un peu de peaufinage » pour fonctionner au mieux. Pour lui, cette base offre déjà « plus de chances de vraiment se battre et d’avoir des courses spectaculaires ».
La réponse vise directement Verstappen, qui a comparé la future F1 à de la « Formule E sous stéroïdes » et à « Mario Kart », tout en laissant entendre que son avenir pourrait dépendre d’éventuelles modifications du règlement. Russell a rejeté cette comparaison sans détour. Il a soutenu que ces échanges de positions relèvent simplement de la course, en s’appuyant sur une remarque de Lewis Hamilton sur le karting: si un pilote dépasse dans un virage, l’autre peut répliquer au suivant, puis la position peut encore changer. « Nous appelons ça juste de la course pure, de la bonne course », a-t-il dit.
Russell a aussi contesté l’idée selon laquelle les pilotes seraient forcés de ralentir fortement en virage pour gagner ensuite en ligne droite. « Quiconque pense que les pilotes vont plus lentement dans les virages pour être plus rapides dans les lignes droites se trompe », a-t-il assuré. Il a reconnu « quelques petites bizarreries » techniques, tout en précisant que la FIA avait fait de son mieux pour les éliminer et qu’il s’agissait de détails « assez compliqués ».
Selon lui, les ajustements introduits dès la prochaine course doivent justement atténuer ces défauts, surtout sur la gestion de l’énergie. Russell a expliqué que « ces petits changements que le sport met en place » vont rendre la tâche plus simple pour les pilotes. En qualifications, ils pourront rouler « à fond » dans les lignes droites sur un tour rapide, sans devoir « lever le pied » pour gérer l’énergie.
Pour défendre sa position, Russell a replacé le débat dans une perspective plus large sur l’histoire de la discipline. Il s’est souvenu de la F1 qu’il regardait il y a une vingtaine d’années, avec « le rugissement des moteurs », mais aussi sans « un seul dépassement ». Cette époque pouvait représenter une forme de F1 plus pure, a-t-il admis, mais « les courses étaient ennuyeuses ».
Il a prolongé l’argument avec un exemple venu des années 1980 et 1990. Un pilote de cette époque, multiple vainqueur en Grand Prix selon Russell, lui a raconté qu’ils disposaient d’un bouton de boost offrant « 300 ch de plus », avant de se retrouver « sans carburant » au bout de la ligne droite dès qu’ils levaient le pied. Pour Russell, ces compromis ont donc toujours existé sous une forme ou une autre. La différence, à ses yeux, tient surtout à la manière dont la F1 juge ses propres changements: elle retient facilement le meilleur du passé et grossit les défauts du présent, alors qu’il voit « beaucoup de points positifs » dans ces nouvelles règles et dans les nouvelles voitures.
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