© Jonathan Borba

Red Bull teste l’aileron Ferrari avant Miami

Max Verstappen a pris la piste à Silverstone avec une RB22 profondément revue, dont un aileron arrière rotatif inspiré du concept lancé par Ferrari, alors que Red Bull cherche une réponse rapide à son début de saison 2026 décevant avant le Grand Prix de Miami.

Le filming day organisé mercredi n’a pas seulement servi à valider une pièce isolée. Les images apparues autour du circuit montrent une révision aérodynamique bien plus large, avec des modifications sur l’aileron avant, de nouveaux sidepods et un aileron arrière inédit. Red Bull semble donc avoir profité de cette journée pour évaluer un ensemble cohérent plutôt qu’un simple essai ponctuel.

L’élément qui retient le plus l’attention reste cet aileron arrière « rotatif » déjà associé à Ferrari depuis les essais de Bahreïn. Paolo Filisetti, expert technique de RacingNews365, explique que le flap bascule jusqu’à inverser son profil, avec la face concave orientée vers le bas et la face convexe vers le haut, afin d’adopter une configuration proche d’une aile d’avion générant de la portance plutôt que de l’appui.

Red Bull n’a toutefois pas repris la solution Ferrari à l’identique. D’après Filisetti, l’équipe a conservé un actionneur central vertical comme mécanisme principal, là où la SF-26 utilise des actionneurs intégrés dans les endplates. Le RB22 ne chercherait aussi qu’une rotation partielle, d’environ 110 à 120 degrés, grâce à une modification des points de liaison entre le flap et les plaques latérales. Ferrari, de son côté, a été vue avec une rotation nettement plus importante.

Ce choix en dit long sur la priorité de Red Bull. En gardant une architecture plus simple, l’équipe peut accélérer la mise au point de la pièce et éviter une refonte lourde du mécanisme ainsi que des renforts structurels plus importants. L’inconvénient, selon Filisetti, est qu’un actionneur central peut entraîner davantage de traînée et de turbulences, et il reste à prouver qu’une ouverture partielle offrira le même bénéfice que la version plus ambitieuse développée par Ferrari.

Le reste de la voiture a lui aussi évolué dans le même sens. Des winglets sont apparus sur les endplates de l’aileron avant, tandis que les sidepods présentent une forme revue avec une pente arrière différente qui prolonge leur surface supérieure vers les roues arrière. Cela suggère un changement plus profond de philosophie aéro sur la RB22, pas seulement l’ajout d’un aileron spectaculaire pour les caméras.

Le parallèle avec Ferrari renforce l’importance de ce test. La Scuderia avait attiré l’attention en pré-saison à Bahreïn avec ce type d’aileron, avant de ne pas l’utiliser lors de l’ouverture en Australie. Charles Leclerc et Lewis Hamilton l’avaient ensuite essayé en EL1 à Shanghai, avant que Ferrari ne revienne à un aileron plus conventionnel pour la suite du week-end. Hamilton avait alors admis que c’était « peut-être un peu prématuré » de l’utiliser en course.

C’est précisément ce qui rend l’essai de Red Bull significatif. L’équipe va chercher chez Ferrari l’idée technique la plus audacieuse de ce début d’ère 2026, mais en la simplifiant pour la rendre exploitable plus vite. Reste désormais à savoir si cette version maison apparaîtra dès Miami et si elle suffira à rapprocher Verstappen et Red Bull de l’avant du peloton.