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Ferrari joue gros à Monza avant le pari Miami

Ferrari a utilisé son filming day de Monza, limité à 200 km et partagé entre Charles Leclerc et Lewis Hamilton, pour valider le vaste package d’évolutions de la SF-26 attendu à Miami du 1er au 3 mai, sur un week-end sprint qui ne laissera qu’une seule séance d’essais libres.

L’enjeu est majeur pour la Scuderia, car les premières informations venues d’Italie décrivent une voiture remaniée à plus de 50 % dès la quatrième manche de la saison. Après Suzuka, l’équipe avait déjà annoncé qu’un gros lot de nouveautés arriverait à Miami, avec l’idée de corriger rapidement les faiblesses d’une monoplace encore jugée immature en ce début de cycle réglementaire.

À Monza, Ferrari a roulé mercredi à huis clos avec les pneus de démonstration Pirelli imposés sur ce type de journée. Le choix du circuit n’est pas anodin. C’est l’un des tracés les plus sensibles en matière de récupération d’énergie, ce qui devait permettre à l’équipe de mesurer le comportement du groupe propulseur et d’évaluer un travail sur le logiciel moteur destiné à mieux exploiter le couple à pleine puissance, quitte à accepter une légère baisse de rendement à bas régime et une consommation potentiellement un peu plus élevée.

Le programme ne portait pas seulement sur le moteur. Sous la direction de Loïc Serra pour le plan de développement, Ferrari devait aussi recueillir des données sur un ensemble aérodynamique retravaillé à Maranello pendant la pause d’avril. Un aileron avant modifié, des retouches du plancher, du Halo et de l’hydraulique faisaient partie des éléments à corréler avec la simulation, tandis que l’objectif général du département aérodynamique dirigé par Diego Tondi reste la réduction de la traînée.

Le gain de masse est présenté comme un autre axe important de cette évolution. Selon les informations publiées en Italie, la SF-26 du début de saison transportait quelques kilos de trop, et le régime appliqué à la voiture pourrait valoir directement quelques dixièmes, ou environ un dixième, par rapport à la version vue lors des trois premiers Grands Prix.

L’une des pièces les plus attendues reste l’aileron arrière surnommé « Macarena-Wing » par les fans. Déjà aperçu lors des essais de Bahreïn en février, il n’a pas encore été utilisé en course. Ferrari l’a retravaillé ces dernières semaines, notamment après un premier roulage écourté pour l’adapter aux valeurs réglementaires d’ouverture et de fermeture, et espère désormais le faire débuter à Miami. Son utilisation n’était pas évidente, car cette pièce est annoncée comme légèrement plus lourde que la version standard, mais l’allègement global de la voiture aurait créé la marge nécessaire.

Monza devait aussi servir à vérifier que les valeurs mesurées correspondent bien aux simulations avant d’arrêter la spécification définitive. La télémétrie récoltée sur cette journée doit être décisive pour choisir la configuration finale qui reviendra en piste en Floride. Les températures lombardes, restées sous les 20 degrés, ne reproduisaient pas les conditions attendues à Miami, mais elles devaient tout de même permettre aux ingénieurs d’évaluer le comportement du refroidissement, un sujet sensible avec la hausse de la part électrique sur la génération actuelle.

Le contexte renforce encore le poids de cette séance. Miami se disputera en format sprint, avec une seule heure d’essais avant les qualifications sprint. Frédéric Vasseur, directeur de la Scuderia Ferrari, avait expliqué à Suzuka qu’après la pause obligatoire de quatre semaines, la hiérarchie pouvait être complètement bouleversée sur un seul week-end. Ferrari mise désormais sur les 200 km de Monza pour que ce bouleversement tourne enfin en sa faveur dès Miami.