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Monaco: l’asphalte de la Rascasse force le rouge

Le drapeau rouge sorti à 10 tours de l’arrivée du Grand Prix de Monaco 2024 n’a pas été provoqué par un accident majeur, mais par un revêtement qui se désagrégeait à la Rascasse, au virage 19, après les sorties de Lance Stroll puis Charles Leclerc dans cette zone.

La FIA a confirmé la raison de l’interruption avec un message sans ambiguïté: « red flag for inspection of track damage in Turn 19 ». À l’écran, les images montraient effectivement l’asphalte se détacher dans le dernier virage, quelques instants après une neutralisation déjà en cours derrière la voiture de sécurité à la suite de l’accident de Leclerc.

Ce qui a immédiatement alimenté la controverse, c’est que plusieurs pilotes affirment avoir vu le problème bien avant l’arrêt de la course. Nico Hülkenberg, pilote Haas, a expliqué que des morceaux manquaient déjà lors du tour de parade avant le départ et a jugé la situation « très préoccupante ». Carlos Sainz, pilote Williams, a dit avoir aperçu les premiers signes de dégradation dès le premier tour. Sergio Pérez avait lui aussi alerté plus tôt pendant la course. Au tour 25, il a signalé à la radio: « They have to clean the asphalt in the last corner. » Plus tard, après être passé dans la zone de l’accident de Stroll, il a ajouté: « Ce n’est pas sa faute. Je dis depuis toute la course que cette partie de la piste devait être nettoyée. C’était inévitable que cela arrive. »

La gestion de l’incident a accentué le malaise. Le premier accident dans ce secteur n’a entraîné qu’une période de voiture de sécurité de cinq tours. La course a ensuite repris, avant que Leclerc ne parte à son tour dans le même secteur, ce qui a finalement conduit à l’arrêt complet de l’épreuve.

Oscar Piastri, pilote McLaren, a décrit une dégradation rapide de la surface. Au début, les pilotes pensaient voir de simples dépôts de gomme, avant de comprendre que de vrais trous apparaissaient dans l’asphalte. Le problème était d’autant plus délicat que la zone touchée se trouvait sur la trajectoire idéale. Les pilotes ont donc commencé à modifier leur passage dans le dernier virage pour éviter une portion devenue, selon lui, « comme de la glace ».

Pendant l’interruption, le directeur de course Rui Marques s’est rendu lui-même sur place pour évaluer les dégâts. Des morceaux d’asphalte détachés ont été retirés, puis la FIA a choisi de relancer l’épreuve. Après deux tours derrière la voiture de sécurité, le plateau est revenu sur la grille pour une nouvelle procédure de départ, les équipes étant invitées à recueillir l’avis de leurs pilotes sur l’état du virage.

Même après ces vérifications, le doute n’avait pas disparu. Hülkenberg a reconnu que des trous restaient visibles avant le redémarrage, même s’il ne considérait plus la situation comme un danger immédiat pour les derniers tours. Piastri, lui, s’est montré beaucoup moins rassurant. Interrogé après l’arrivée sur la sécurité du virage au restart, il a répondu simplement: « Non ».

Cet épisode relance le débat sur l’état du revêtement monégasque et sur la capacité de certaines portions du circuit à encaisser les charges des F1 actuelles, après une fin de course perturbée par un problème que plusieurs pilotes disent avoir identifié bien avant le drapeau rouge.