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Mayländer reste nerveux malgré 500 GP en Safety Car

Bernd Mayländer assure que le cap des 500 Grands Prix n’a rien enlevé à la tension de son rôle de pilote de la voiture de sécurité de la FIA, disant être encore « toujours nerveux » quand le peloton de F1 se range derrière lui.

Dans le podcast Beyond The Grid, l’Allemand de 54 ans a expliqué que cette pression reste intacte malgré un quart de siècle passé à mener le peloton dans les moments les plus sensibles d’un week-end. « Ça l’est toujours. Je suis encore impressionné aujourd’hui. Oui, absolument », a-t-il déclaré, avant d’ajouter: « Si vous me demandez si je suis encore nerveux, oui, je suis nerveux. »

Cette nervosité n’est pas un signe d’usure, mais une part essentielle de ce qui le maintient à ce poste. Mayländer a décrit l’adrénaline du moment où il prend la piste, en particulier au moment des relances, avec « 20, et maintenant 22 » monoplaces dans ses rétroviseurs. Il a expliqué qu’il ressent lui aussi la puissance, l’intensité et l’attente du restart, ce moment où « tout peut arriver ».

Il a aussi précisé que ses meilleurs Grands Prix restent ceux où la Safety Car n’a pas besoin d’intervenir, parce que cela signifie qu’il ne s’est rien produit de grave. Mais lorsqu’elle est déployée, il sait qu’elle peut aussi rebattre la course, en recréant une nouvelle situation stratégique et sportive au moment de la relance.

Cette intensité repose sur une préparation qu’il traite comme celle d’un pilote de course. Dans un entretien accordé à RacingNews365, Mayländer a détaillé sa routine du jeudi, après le test de piste: « La première chose que je fais, c’est vérifier les documents officiels de chronométrage. » Il compare ensuite les secteurs les plus rapides à ses propres références de l’année précédente. « Je regarde où sont les secteurs en violet et je les compare à mes temps de l’an dernier. C’est ma compétition personnelle. »

Il a insisté sur le niveau d’exigence imposé par la fonction. « Cela doit être fait au plus haut niveau, comme tout en Formule 1 », a-t-il dit. Sans les séances du jeudi et les vérifications quotidiennes avec la direction de course, le système ne fonctionnerait pas selon lui.

Mayländer a aussi rappelé que son rôle ne se résume pas à rouler vite en tête du peloton. Certaines critiques reviennent parfois sur la vitesse de la Safety Car, mais il affirme se sentir respecté par les pilotes. Dans le même entretien, il a expliqué: « Ils savent que j’ai de l’expérience. Eux sont concentrés sur la course, moi sur la sécurité. Parfois, j’ai des informations qu’ils n’ont pas, et j’essaie de leur expliquer cela plus tard. »

Son regard depuis la voiture de sécurité lui a aussi permis de juger les plus grands. Mayländer estime que Michael Schumacher était « agressif », comme le sont aujourd’hui Max Verstappen et Lewis Hamilton. « Ils vous défient, prennent un peu des risques », a-t-il observé, signe que même après près de trois décennies dans ce rôle, il continue de mesurer directement la pression imposée par les champions du monde.

Le pilote de la FIA a atteint la barre des 500 Grands Prix au Grand Prix d’Australie d’ouverture de saison, et a depuis indiqué que son total était monté à 502. Il ne parle pourtant pas encore de départ immédiat. « Je pense de manière réaliste à 600 ou 650 Grands Prix », a-t-il confié à RacingNews365.

Il fixe toutefois une limite claire à cette longévité. Mayländer ne s’imagine pas encore dans la Safety Car « à 78 ans » et préfère envisager, à ce stade, un rôle de transmission. Son horizon reste donc celui d’une présence durable, avec la même adrénaline et la même exigence, bien au-delà du cap symbolique des 500 courses.