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Jean Todt révèle pourquoi il a refusé Red Bull

Jean Todt a révélé que Dietrich Mateschitz avait tenté de l’attirer chez Red Bull après son départ de Ferrari en 2008, mais qu’il avait refusé l’offre car il considérait son chapitre dans la F1 opérationnelle comme terminé.

Dans le podcast High Performance, l’ancien patron de Ferrari a expliqué que le cofondateur de Red Bull avait insisté. « Quand j’ai quitté Ferrari, Dietrich Mateschitz voulait que je le rejoigne, alors il est venu déjeuner chez moi à Paris à deux reprises », a raconté Todt. Le poste proposé ne se limitait pas à l’équipe de F1. Il s’agissait de « diriger l’équipe et les activités sportives de Red Bull ».

Todt a précisé que cette approche était intervenue alors que Christian Horner occupait déjà le poste de team principal et qu’Helmut Marko était conseiller de l’équipe. Malgré le poids de l’offre, il a tranché sans hésiter. « J’ai dit non parce que, pour moi, ce chapitre était terminé. »

Ce refus prend une autre dimension au regard de ce qu’il venait d’accomplir chez Ferrari. Arrivé en Formule 1 en 1994 comme directeur général de la Scuderia, recruté par Luca di Montezemolo, Todt avait ensuite convaincu Michael Schumacher de rejoindre Ferrari et bâti autour de lui un groupe de référence avec Rory Byrne et Ross Brawn. Ferrari a remporté cinq titres pilotes consécutifs entre 2000 et 2004, ainsi que six titres constructeurs sur cette période.

Todt a expliqué que ce bilan a pesé directement dans sa décision. « Je dirigeais une marque iconique avec succès. D’une certaine manière, je ne pouvais pas faire mieux, et je voulais faire autre chose », a-t-il dit. Il avait déjà arrêté sa ligne de conduite en 2008. « J’ai décidé en 2008 qu’il était temps de redonner. Mon intérêt était de redonner. »

Plutôt que de replonger dans la gestion d’une équipe, Todt a choisi une trajectoire différente. Il s’est présenté à la présidence de la FIA, a été élu en 2009 et a dirigé l’instance pendant trois mandats jusqu’en 2021. Après cela, il a aussi poursuivi ses engagements dans la sécurité routière et dans plusieurs actions caritatives.

Todt a relié ce choix à une conviction plus large sur ce qu’il voulait faire après Ferrari. « Dans certains mondes, quand il y a de la compétition et de l’argent, les gens oublient cela », a-t-il expliqué, en évoquant la pauvreté, l’absence d’accès aux soins et aux transports publics. Pour lui, aider reste « une victoire ». « C’est une victoire différente, mais je pense que c’est très important. »

Cette révélation éclaire un moment charnière de l’après-Ferrari. Red Bull avait essayé de recruter l’homme qui avait construit l’une des grandes périodes de domination de la F1, mais Todt avait déjà choisi de quitter définitivement le front opérationnel du championnat.