Pierre Gasly a été reclassé troisième du Grand Prix de Monaco après l’annulation de ses deux pénalités de cinq secondes, Alpine ayant convaincu les commissaires que la distance utilisée par la FOM pour calculer la vitesse dans la voie des stands était inexacte et surestimait la vitesse de la voiture n°10.
Le Français avait franchi la ligne en troisième position avant d’être rétrogradé au septième rang pour deux excès de vitesse relevés à 60,1 km/h et 60,4 km/h dans une voie des stands limitée à 60 km/h. La révision rend à Alpine un podium perdu sur tapis vert après l’une des affaires réglementaires les plus marquantes du week-end monégasque.
La décision s’appuie sur la procédure de Right of Review lancée par Alpine dans les délais. Les commissaires ont d’abord jugé recevable un élément nouveau fourni par la FOM, chronométreur officiel de la Formule 1, selon lequel la distance utilisée pour établir le chronométrage officiel et donc la vitesse dans la voie des stands était erronée et surestimait la vitesse de Gasly. Alpine avait aussi présenté ses propres données de télémétrie et une déclaration du pilote, mais les commissaires ont retenu que l’élément transmis par la FOM suffisait à lui seul pour rouvrir le dossier.
Le verdict final change immédiatement la hiérarchie à l’arrivée de Monaco. Isack Hadjar recule de la troisième à la quatrième place, Oscar Piastri de la quatrième à la cinquième, Liam Lawson de la cinquième à la sixième et Arvid Lindblad de la sixième à la septième. McLaren et Red Bull ont notifié leur intention de faire appel dans le délai réglementaire d’une heure après la décision.
Avant d’être blanchi, Gasly avait décrit cet épisode comme « le jour le plus dur que j’aie jamais vécu en F1, et dans ma carrière sportive, sportivement parlant ». Le pilote Alpine estimait avoir signé à Monaco « l’une de [ses] meilleures performances » et avait insisté sur la rareté d’une telle opportunité pour son équipe. Il s’était dit fier de l’exécution de son week-end, de la qualification au départ, malgré la chute au classement.
L’affaire ne concerne pas seulement le cas Gasly, car cinq pilotes avaient été pénalisés pour excès de vitesse dans la voie des stands pendant la course. Piastri, lui aussi sanctionné à Monaco, a rappelé que ces pénalités avaient pesé directement sur le déroulement du Grand Prix et sur les choix stratégiques des équipes. Le pilote McLaren a déclaré qu’« ils ne peuvent pas changer le résultat maintenant, parce que tellement de décisions ont été prises dans la course sur la base des pénalités qui ont été données », un rappel que l’erreur de chronométrage dépasse désormais la seule restitution d’un podium.
© Jonathan Borba