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Ferrari mise sur l’ADUO pour revenir sur Mercedes

Ferrari prépare une nouvelle évolution de la SF-26 pour Barcelone tout en attendant le verdict de la FIA sur l’ADUO, car la Scuderia estime que son vrai retard sur Mercedes en ce début de saison 2026 vient surtout du moteur, bien plus que du châssis.

Après cinq manches, Mercedes mène le championnat constructeurs avec 72 points d’avance sur Ferrari et 113 sur McLaren, dans un contexte où l’avantage de la marque allemande est présenté comme particulièrement net sur le groupe propulseur. C’est ce déficit que Ferrari cherche désormais à réduire, alors que sa première grande tentative d’évolution n’a pas suffi.

Selon AutoRacer, le package introduit à Miami, avec des changements importants à l’avant, au plancher et à l’arrière, dont l’aileron arrière dit « asa macarena », n’a pas produit l’effet espéré parce que le moteur continue de faire la différence. Ferrari chiffre encore son écart à 0,5 seconde par rapport à Mercedes.

Lewis Hamilton, pilote Ferrari, a résumé ce déséquilibre en conférence de presse. « Si on enlève le déficit de puissance, on se bat avec ceux de devant. Mais aujourd’hui ce n’est pas le cas: j’arrive à les suivre et à tenir leur rythme en virage, mais je ne peux pas appuyer davantage à l’accélération. » Il a ajouté que Ferrari voit ses rivaux prendre de l’avance en ligne droite avant de reprendre du terrain au freinage, et a reconnu: « J’espère que l’ADUO pourra nous permettre d’améliorer un peu les performances. »

Cette lecture rend Monaco particulièrement révélateur pour Ferrari. Hamilton a expliqué que c’est « le seul circuit où la puissance n’est pas fondamentale » et que tout s’y joue davantage sur les performances du châssis. Il estime que la SF-26 « pourrait y être vraiment forte », ce qui offrirait à Ferrari un test immédiat de sa vraie valeur lorsque le handicap moteur pèse moins lourd.

La suite se joue pourtant surtout en dehors de Monaco. Ferrari attend la première hiérarchie de performance des moteurs publiée par la FIA pour savoir si elle pourra bénéficier de l’ADUO, le dispositif d’opportunités supplémentaires de développement et de mise à jour. Charles Leclerc a lui-même dit qu’il serait surpris que Ferrari n’entre pas dans ce cadre, tout en reconnaissant l’avantage actuel de Mercedes, particulièrement sur l’unité de puissance.

Même dans le paddock rival, l’idée d’une Ferrari freinée avant tout par son moteur est reprise. Andrea Kimi Antonelli, lors de la remise du Trofeo Bandini, a estimé que Ferrari est « bien placée au niveau du châssis » et que si l’équipe parvient à développer son moteur, elle se rapprochera de Mercedes. Il a toutefois aussi prévenu qu’aller chercher plus de puissance « n’est jamais simple » et demande du temps.

En attendant, Ferrari prépare déjà l’étape suivante. AutoRacer annonce un nouveau package pour Barcelone, centré surtout sur un aileron avant à concept avancé avec doubles dérives externes orientées vers l’extérieur, pour un gain projeté de 0,2 seconde. En parallèle, la FIA doit appliquer en juin un changement sur la mesure du taux de compression des moteurs, désormais contrôlé à 130°C. Mais pour Ferrari, l’enjeu principal reste le même: obtenir l’accès à l’ADUO et réduire un déficit moteur qui conditionne aujourd’hui sa capacité à transformer un bon châssis en véritable menace pour Mercedes.